L'outil Newsbrief se présente comme l'observatoire de ce qui vient de se diffuser et se diffuse en 19 langues. Vision lissée en deux dimensions. La dimension temporelle est fournie par les courbes des dix thèmes les plus importants du moment en termes de nombres d'articles. Pour chaque courbe, une infobulle précise de quoi il retourne. On voit d'heure en heure les sujets gonfler et diminuer dans les priorités médiatiques. La dimension spatiale se déploie en une planisphère dont le code de couleurs indique les points chauds du jaune au rouge. Cette actualité panoramiques se laisse ausculter de plus près par des catégories d'évènements: si on choisit la catégorie "conflits", la carte interactive sélectionne les zones concernées.
L'outil News Explorer est une merveille pour les journalistes. Il fonctionne par clusters ou agrégations de critères clefs. Evènements et lieux sont associés avec le coefficient du nombre d'articles qu'ils ont suscités pendant une période donnée. Quand on s'intéresse à un pays, on voit immédiatement combien d'articles sont disponibles. Les cartes interactives proposent quatre fonctions qui sont autant de pistes de recherche: personnalités dont le nom est associé à un pays, récits relatifs à ces personnalités et à ces pays (donc documentation factuelle), nom des organisations en relations avec les thèmes dominants de l'actualité.
Exemple d'une personnalité à "explorer", Nicolas Sarkozy, tellement médiatisé qu'on croit tout savoir et n'avoir rien oublié à son sujet. Dans l'actualité du 21 mars vers 14h15, il faisait l'objet de 72 articles publiés dans 19 langues. News Explorer offre une première visualisation des personnes avec lesquelles les articles le mettent le plus souvent en relation directe depuis plusieurs mois. L'élection présidentielle étant encore relativement récente, le nom de Ségolène Royal apparaît 2076 fois dans les documents concernant Nicolas Sarkozy et celui de François Fillon apparaît 2072 fois. Bien entendu, il est possible de retrouver les circonstances, c'est à dire les récits, des péripéties auxquelles les personnages ont été mêlés. Ce n'est pas annecdotique: le nom de Charles Peguy permet de retrouver le discours élyséen qui l'a convoqué.
Plus intéressant que ces liens de premier niveau, le fait de cliquer sur certains liens fait apparaître d'autres réseaux sémantiques oubliés: Lucie Aubrac dont le nom a sans doute été prononcé ou évoqué dans un discours présidentiel, ou à l'occasion d'une polémique, sur la Résistance. En cliquant sur le nom d'une personne associée, même de manière très fugace, à celui du président de la République, un nouveau réseau "satellite" se déploie. Et ainsi de suite, jusqu'à faire émerger, en une riche texture, les correspondances établies par les médias entre ceux et celles qui "font" l'actualité.
C'est d'ailleurs par un cheminement de réseaux en réseaux que le nom de Dominique de Villepin apparaît avec une synapse vers EADS, donc vers l'affaire Clearstream dont les ramifications pointent vers Jean-Louis Gergorin, le général Rondot, Denis Robert, etc...
Enfin les Laboratoires élaborent des visualisations très synthétiques des thèmes d'actualité et des pays les plus concernés. Ci-dessus, une cartographie de la situation politique au Pakistan. Cette visualisation interactive s'ajuste dans une approche de proximité entre les acteurs et dans une dimension chronologique avec, dans les deux cas, des "nodes" qui renvoient à des évènements décisifs. On peut également identifier d'un seul coup d'oeil es contrées les plus violentes de la planète. Ou aborder le même sujet dans une approche chronologie avec un inventaire des évènements les plus violents en ajustant les critères de comparaison.
Le monitorage électronique a été développé à l'intention
des responsables et des spécialistes travaillant sur les médias au sein des différents organismes de l'Union européenne. Utilisé de cette manière, il peut inciter favoriser le conformisme en
incitant les journalistes à s'intéresser en priorité aux évènements qui sont déjà très médiatisés.
Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer