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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 13:17
Résumé
     
LU-Danone, Metaleurop Nord et Lassalle-Toyal : trois " affaires ", trois récits racontés par les médias avec l'émotion de la fiction, trois histoires d'usines, trois batailles d'acteurs qui comptent peu de points communs.

Et pourtant. Côté pile, chacune, comme l'une des pièces d'un même puzzle, illustre les nouvelles relations, tumultueuses et complexes, que les médias, les politiques et l'opinion entretiennent avec les entreprises. Leur étude minutieuse, à partir de sources souvent méconnues, montre que les crises d'entreprise ne se réduisent pas à un spectacle bien mis en scène... Côté face, ces trois histoires, si semblables par les drames humains qu'elles provoquent dans des régions d'où l'industrie s'éloigne, cachent en effet les mêmes luttes de pouvoir politique, la même consommation médiatique de l'événement et les mêmes difficultés de la " puissance publique " à affirmer des stratégies industrielles locales ou nationales.

Ce livre décrypte les mythes de l'entreprise qui encombrent les imaginaires, dans leur façon de penser l'industrie et la finance, le social et le marché. II cherche à nuire, ne serait-ce qu'un peu, à la bêtise économique.

Sommaire

     
-Jeux de pouvoir en cuisine ; L'affaire LU-Danone
-Des silences de plomb ; L'affaire Metaleurop Nord
-Prise d'otages en Béarn ; L'affaire Toyal-Lassalle
-La parole est à la défiance ; autopsie de trois affaires exemplaires

Les Auteurs
     
Catherine Malaval est docteur en histoire (EHESS), spécialiste de la communication d’entreprise, auteur de nombreux livres d’histoire d’entreprise (Zodiac, L’Alsacienne, Banques Populaires, etc.) et de La Presse d’entreprise au XXe siècle. Editrice d’ouvrages consacrés aux histoires d’Essilor, de Renault-Flins, de Sofinco, de l’INPI, d’Aéroports de Paris ou de Lesaffre, elle dirige les éditions de l’agence de communication LoweStrateus. Elle est par ailleurs conseiller littéraire, collection Entreprises, des Editions Perrin. Elle est consultante auprès d'organisations économiques, préside aujourd'hui la société de conseil Equancy & Co.

Robert Zarader est docteur en économie, spécialiste de la communication d’entreprise, ancien directeur du Centre de recherche en économie industrielle (CREI) de l’université Paris XIII. Consultant auprès d’organisations françaises et internationales, il a dirigé plusieurs agences de communication institutionnelle, avant de créer, en 2008, au sein du groupe Equancy, la société de conseil Equancy &Co, qu‘il préside aujourd‘hui.     

Titre :  La Bêtise économique
Auteur : Catherine Malaval, Robert Zarader
Editeur : Perrin
Prix éditeur      : 14,80 €

LE BLOG DE L'OUVRAGE :
http://labetiseeconomique.wordpress.com


LIRE DES EXTRAITS :

Quand l’opinion publique, les politiques et les acteurs du monde industriel perdent toute raison économique.
En 2001, une fuite dans la presse, annonçant un plan social, entraîne l’entreprise LU-Danone, l’entreprise préférée des Français, dans une vaste tourmente médiatique et politique, parachevée quelques mois plus tard à peine par la plus grosse opération de boycott jamais vue en France. A peine révélée par la presse, l’affaire LU devient avant tout l’affaire Danone. L’entreprise et la marque se confondent pour finir prisonnières d’un jeu d’acteurs et de pouvoirs qui s’affranchit très vite de la raison économique et industrielle.
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En 2005, l’entreprise Metaleurop Nord, sacrifiée sur l‘autel d‘une gestion industrielle internationale des affaires peu soucieuse de l‘écologie, de l’histoire et des hommes, donne tout son sens à l‘expression alors abstraite « patrons voyous ». L’affaire Metaleurop Nord devient avant tout l’affaire de Noyelles-Godault. Metaleurop SA, sa maison-mère, et Glencore, son actionnaire, transforment cette affaire de désindustrialisation et de plan social en une affaire purement juridique et financière.
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En 2006 enfin, l’entreprise japonaise Toyal, ignorant toute raison économique et écologique sous la pression d’un député en grève de la faim, accepte de ne plus se développer ailleurs que dans une vallée pourtant devenue trop étroite. L’affaire Toyal devient avant tout l’affaire Lassalle. Toyal disparaît même du rôle titre de l’histoire, l’entreprise est effacée au bénéfice d’une fiction mise en scène en temps réel par le député Jean Lassalle dans la salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée nationale.
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Hasard de l’histoire ou non? En 2007, chacune de ces trois entreprises a repris la main sur l’écriture d’une histoire qui lui avait un moment échappé. A peine terminé le plan social, Danone a vendu LU à Kraft Foods. A peine signé l‘accord de développement local, Toyal a annoncé regarder du côté de l’Europe de l’est pour créer hors de France ce que Jean Lassalle l’avait empêché de créer à Lacq. Presque terminés les procès pour Metaleurop, que l‘entreprise a changé de nom pour devenir Recylex et se faire une nouvelle virginité dans le secteur du recyclage.
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Comprendre comment et pourquoi est née l’affaire LU ? Comment a-t-elle soudainement cristallisé tous les maux et toutes les impuissances, l’Etat qui ne pourrait pas tout, les licenciements boursiers, etc. ? Comment a-t-elle fait naître une conscience nouvelle de l’opinion ? Comprendre comment l’affaire Lassalle a d’abord occulté la non-affaire Toyal? Comment une entreprise peut-elle être dépossédée de sa propre stratégie? Comprendre comment et pourquoi est née, ou paradoxalement est morte née, l’affaire Metaleurop ? 
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PAGE 20, EXTRAIT : (…) En 2001, Le Monde a beaucoup évolué et succombe plus naturellement à la recherche du scoop ; son service Entreprise traverse une situation complexe, sa direction se trouvant « très fortement » influencée par Laurent Mauduit, une des sources originelles de la révélation du passé trotskyste de Lionel Jospin et pourfendeur de la « trahison jospinienne » et la « nouvelle économie du Parti socialiste ». Il mène d’importants réquisitoires contre les abandons successifs de la gauche au pouvoir et dénonce l’idée d’un ”pacte honteux avec le marché” (Le Monde, 6 avril 2001). L’affaire LU est une belle opportunité pour atteindre avec la même flèche la « deuxième gauche » et Lionel Jospin, ce Premier ministre qui, deux ans plus tôt à propos de l’affaire Michelin, déclarait « l’Etat ne peut pas tout ». (…)

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PAGE 52, EXTRAIT : (…) A la différence des histoires de Danone et de Toyal, celle de Metaleurop démontre les difficultés d’expression et de discernement de l’opinion, dès lors que médias et politiques ne créent pas l’événement médiatique ou pas au bon moment. Metaleurop, c’est une histoire de non-dits et de contre-temps, qui aurait dû devenir « affaire », bien avant qu‘il ne soit plus possible de ne rien faire. Metaleurop, c’est une histoire de dissimulations, de dérobades et de dupes, une longue suite de silences complices et coupables, une chape de plomb qui n’est pas seulement celle du bassin minier, mais celle qui cache la vérité des drames qui s’y jouent. Tout le monde le sait, les études sont publiques, Metaleurop c’est un siècle de présence et de pollution, de menaces sur l’environnement, la santé des salariés, des habitants et leurs enfants, mais au nom d’une raison supérieure, l’emploi et l’économie structurée autour du site de Noyelles-Godault, un fleuron industriel local et national, ce n’est pas le sujet, ce ne l’est même pas devenu quand, au début des années 2000, après le sommet de Johannesburg, les lobbyes et l’opinion publique ont reconnu, en France et dans le monde, l’impératif écologique, quand également, de plus en plus de dossiers liés à des maladies professionnelles, l’amiante particulièrement, sont venus devant les tribunaux. Trop tard.(…)

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PAGE 125, EXTRAIT : (…) A Paris, au Ministère de l’Economie, où le dossier était géré par le cabinet de François Loos, la grève de la faim de Jean Lassalle est une curiosité peu prise au sérieux. « Soit c’est un malentendu, soit c’est un procès d’intention, mais les craintes de Jean Lassalle ne reposent sur aucun élément objectif », remarque-t-on dans l’entourage de Thierry Breton à la fin mars. En pleine préparation de bagarres présidentielles à la tête de l’UMP et au sein du gouvernement, alors que la crise du CPE atteint son paroxysme, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin trouvent là cependant un autre terrain de confrontation, après une courte période d’hésitation. (…)
__________________
PAGE 181, EXTRAIT : (…) La première vertu du patriotisme économique est de détourner le regard de l’opinion du désengagement de l’Etat et de la passivité coupable des Pouvoirs publics, comme dans l’affaire Metaleurop. C’est une production politique qui masque avant tout l’incapacité presque permanente à agir sur l’entreprise ou dans son environnement, au moment où cela s’avère nécessaire. L’Etat velléitaire prend souvent le pas sur l’Etat efficace, ce n’est là que la traduction institutionnelle de la difficulté de l’action politique sur l’économie à tous les niveaux, locaux, nationaux et européens. Dans un monde industriel qui lui échappe, de dérégulation en privatisation, de la mondialisation en désengagements publics, tout est fait pour justifier une forme d’abdication du politique face à l’économique. (…)

 


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Commentaires

 

Au sujet du l’ouvrage la Bêtise Economique

 

L’article d’auto promotion sur la bêtise économique, de Catherine Malaval et Robert Zarader, paru dans le dernier numéro de la revue communication- sensible mérite une mise au point, concernant le sujet Metaleurop. J’avais jusqu’à présent observé la plus stricte discrétion sur ce dossier alors que j’ai passé plus de 7 mois à le traiter au sein de Metaleurop et que suis le seul spécialiste en gestion de crise à connaître la réalité de ce dossier. J’ai donc décidé, sans violer la clause de secret à laquelle je suis lié puisque je ne traite que des faits publics, de livrer la vraie vérité sur l’affaire Metaleurop et de dénoncer la thèse farfelue décrite dans cet ouvrage.

 

 

Metaleurop, la bêtise éditoriale

La thèse des auteurs est que les journalistes pratiquent le storytelling, “la narratologie” (sic)  et le sorry-telling, narration de la “désolation des acteurs” (resic). Outre la “fumosité” du concept, les auteurs pratiquent une remarquable composition de storytelling. Ils inventent un scénario de feuilleton à scandale, digne des séries télévisées. Ils se sont livrés à un exercice qui dépasse de très loin, ce qu’ils reprochent aux journalistes.

La thèse développée par les auteurs constitue un formidable tour d’illusionnisme. Comme l’affirme les auteurs, en storytelling “l’interprétation se substitue à l’histoire des faits”. Plusieurs dizaines d’années après les faits, les auteurs plaquent une thèse d’intellectuels parisiens du 21 em siècle, celle de la trahison écologiste, qui aurait été le moteur de ce dossier, pour que des actionnaires “voyous” puissent tirer d’immenses avantages financier du dépôt de bilan de Metaleurop Nord. La voyoucratie des dirigeants fût la thèse développé par les médias et les politiques.

Cette thèse est surréaliste et n’a jamais existé dans le dossier. Elle résulte d’une immense opération de storytelling.

 

Il convient de revenir sur les faits pour mieux expliquer leur réalité. L’usine de Noyelles- Godault est entrée en service au 19 em siècle. Elle a produit du zinc et du plomb. La fonderie de plomb qui a été arrêtée en 2002/2003, a été construite dans les années 30.

La production de métaux est une activité polluante. La notion de pollution devant être resituée dans son contexte, à une époque où produire charbon et métaux était vital pour l’économie et gagner un salaire, vital pour une abondante classe ouvrière. Mais ce genre de considération semble trop vulgaire pour les auteurs, qui manifestement, ne connaissent ni Noyelles-Godault, ni le milieu ouvrier nordiste. La thèse de l’écologie sacrifiée sur l’autel de la finance représente une dimension inventée par les auteurs. L’origine de la pollution remonte à 120 ans, Metaleurop n’a jamais cherché à polluer volontairement, mais une usine dont la conception remontait à 60 ans ne pouvait être un parangon de vertu écologique. D’autant que Metaleurop, constitué en 1988, a sans cesse modernisé l’usine et a toujours respecté ses engagements, en particulier concernant les anciennes mines. Aucun journaliste n’a d’ailleurs jamais fait remarquer que si Metaleurop SA (la maison mère) avait été mis en liquidation judiciaire, l’entretien des mines aurait échoué …au contribuable.

 

Le discours dominant installé par les medias et les syndicats a fait valoir que d’abord Metaleurop Nord avait été abandonné par Metaleurop SA, qu’ensuite sa maison mère l’avait abandonné pour éviter le financement d’un plan social ; enfin que l’actionnaire Glencore avait gagné de l’argent de cet abandon.

Il convient maintenant de rétablir la vérité sur ce dossier. D’abord le véritable naufrageur est …Metaleurop Nord. Ensuite les employés ont bénéficié d’un plan social…il aura duré 10 ans. Enfin l’actionnaire Glencore a …perdu beaucoup d’argent.

 

La vraie vérité de Metaleurop

La vraie vérité est à l’opposé de la thèse des auteurs de la “Bêtise Economique” qui n’est qu’une copie éthérée du discours médiatique dominant.

Les syndicats ont clamé que Metaleurop SA (la maison mère) refusait un plan de redressement de Metaleurop Nord. La filiale avait déjà bénéficié de plusieurs plans de redressement…sans succès. Un audit, mené par un cabinet, avait démontré que le retour à l’équilibre était illusoire. Metaleurop Nord était en difficultés depuis une dizaine d’années. Les pertes se sont alors creusées dans les années précédant la fermeture. Metaleurop SA a financé les pertes qui se sont rapidement élevées à plus de 600/650 M F (environ 100 M €). Le naufrageur n’a donc pas été Metaleurop SA, mais la filiale Metaleurop Nord. Fin 2001, Metaleurop SA n’était plus en mesure de financer un redressement puisque les dettes représentaient environ 1/3 du chiffre d’affaires, pour une société qui dégageait des marges faibles. Metaleurop SA avait donc lourdement compromis sa pérennité pour tenter de sauver Metaleurop Nord. On est bien loin de l’insolvabilité organisée pour échapper à la dépollution, thèse avancée par les auteurs du livre.

Les représentants du personnel, les syndicats et leurs avocats ont clamé urbi et orbi que l’entreprise avait abandonné scandaleusement sa filiale pour échapper au plan social. Outre le fait que Metaleurop SA n’était plus en mesure de financer un plan social, les salariés de Metaleurop Nord ont bénéficié d’un exceptionnel plan social…il aura duré 10 ans et chaque salarié aura bénéficié de 1 M F…650 M F de dettes pour environ 650 employés !

La presse a accusé l’actionnaire principal (30%), Glencore d’avoir pillé la filiale et d’avoir engrangé de substantiels avantages financiers. Pas un kilo de plomb n’a été vendu au profit de Glencore, qui n’a jamais dirigé (malheureusement) Metaleurop SA. Glencore dans cette “affaire” aura triplement perdu : d’une part la valeur boursière de son investissement ; d’autre part les prêts consentis à Metaleurop SA ; enfin une image négative que le groupe n’a pas voulu défendre.

 

L’affaire Metaleurop SA pose la question de savoir comment le storytelling a pu autant dominer la réalité du dossier. Y compris dans le livre “la Bêtise Economique” qui prétend orgueilleusement expliciter des “affaires”. La clé réside d’abord dans la communication, avant la fermeture de Metaleurop Nord et après la fermeture.

 

Sur-communication et sous-communication

Le storytelling a fonctionné avant et après la fermeture de Metaleurop Nord.

Avant la fermeture, la direction de l’époque de Metaleurop SA a toujours fait passer un message rassurant : Metaleurop Nord allait être redressé et l’endettement de Metaleurop SA serait résorbé. Optimisme débridé ou méthode Coué ? Ni les journalistes, ni les actionnaires individuels ne se sont posés la seule question qui valait : comment rembourse t-on 650 M F de dettes, quand les pertes de Metaleurop Nord se creusent abruptement, quand Metaleurop SA dégage peu de profit -et des pertes-, avec un cours du plomb au plus bas ? Quand les dettes s’accumulaient, l’action caracolait au plus haut. Il est à noter que le même schéma vient de se reproduire concernant Smoby.

L’actionnaire de référence, après avoir laissé faire, a probablement pris ses responsabilités et appuyé une nouvelle direction.

Un capitaine d’industrie, venu des USA, après avoir vendu avec succès l’entreprise familiale de recyclage des métaux, est venu pour redresser la barre. Il s’est rapidement rendu compte que le sauvetage n’était plus réalisable. Outre la fermeture de Metaleurop Nord, Metaleurop SA a du se déclarer en dépôt de bilan quelques mois plus tard.

Ce nouveau Président a pris la seule décision qui s’imposait -et qui aurait du être prise depuis bien longtemps- supprimer le foyer de pertes constitué par Metaleurop Nord pour sauver Metaleurop SA.

Ce Président, retranché dans sa citadelle culturelle, a inscrit Metaleurop SA dans une période d’autisme, largement aiguillonné par un bataillon d’avocats fermé à toute communication. Aucune explication, lors de la fermeture de Metaleurop Nord, n’a jamais été fournie ni aux journalistes, ni aux autorités régionales, ni aux autorités nationales.

Le discours dominant s’est installé sans que Metaleurop SA n’oppose sa vérité. L’auteur de ses lignes a pu intervenir, après la fermeture de Metaleurop Nord, pour s’adresser, à doses homéopathiques, aux autorités nationales et aux actionnaires, mais sans pouvoir développer un discours offensif vis-à-vis des medias. Le Président n’a jamais accepté la moindre intervention devant la presse. Il aura fallu, pour faire taire les attaques des politiques contre “les patrons voyous”, téléguider une délégation syndicale, avec manif devant Grenelle, pour expliquer aux ministères la réalité de la situation. Les critiques ministérielles se sont alors tues. Il n’y a pas eu faillite du politique comme l’affirment les auteurs du livre, mais réalisme du politique après découverte de la réalité.

 

 

Les phantasmes médiatiques

La “story” qui a été écrite par les médias démontre qu’en manière d’information les journalistes ont horreur du vide. Quand une entreprise ne s’exprime pas, d’autres le font à sa place ;  et les journalistes doivent remplir les colonnes. Il existe en gestion de crise une règle intangible : les absents sont systématiquement coupables. Metaleurop SA n’a pas clamé sa vérité, les journalistes -tout comme les auteurs du livre- ont phantasmé la vérité. Chaque nouveau “reportage” crédibilisant le précédent. Il en fût ainsi dans la storytelling Metaleurop avec un reportage diffusé par Canal+ qui étalait les “malversations” de Metaleurop SA et de Glencore, malversations totalement scénarisées pour provoquer l’indignation. Metaleurop SA et Glencore n’ayant jamais puissamment communiqué, ce reportage est devenu parole d’évangile médiatique, les articles de presse écrite saluant le courage éditorial.

Les auteurs du livre ont plombé toute réalité pour inventer une “story” romanesque. Mais apparemment rien ne les arrête, même pas la “gonflette” du cours du plomb…qu’ils situent à 30 000 $ la tonne (sic)… l’or à coté est un colifichet ! On se demande comment Metaleurop SA a du déposer le bilan ? Quelle enquête, c’est du plomb !

 

Pascal Ragot

Gestionnaire de crise

pascalragot@wanadoo.fr

Commentaire n°1 posté par Ragot le 24/09/2008 à 09h37

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