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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 14:45
La Fondation Robert Schuman publie dans le n°128 de "Questions d'Europe" du 16 février 2009 un article de  Eddy Fougier, politologue, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri), sur le traitement de l'information européenne par les télévisions françaises.
Nous avions eu le plaisir d'accueillir Eddy Fougier, avec Pierre Haski et Marie-Christine Vallet, en novembre 2008 pour la conférence  "l'Europe dans les rédactions, le combat permanent ?"
Ce texte complète et enrichit son intervention, et nous vous proposons de le télécharger (au format Pdf) , avec l'aimable autorisation de la Fondation Robert Schuman.

L'article original est consultable à cette adresse : http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-128

En voici les principaux points :




Au mois de juin 2008, soit quelques jours avant le début de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) publiait une étude sur les sujets traités dans les journaux du soir diffusés en 2007 par les six chaînes nationales hertziennes. Or, les sujets classés par thèmes par l’Ina faisaient apparaître un très faible intérêt de la télévision française pour les questions européennes. Ces résultats
paraissent d’autant plus importants que, selon une enquête menée par la Commission européenne en 2007, «pour une majorité écrasante de citoyens [en Europe] le journal télévisé constitue "le" rendez-vous télévisuel par excellence, immanquable. […] C’est, massivement, "la" source principale d’information sur l’actualité nationale et
internationale ».

Les rédactions tendent généralement à justifier cette faible couverture de l’actualité européenne par le fait que le public ne serait pas intéressé par l’Europe. En même temps, dans un document consacré à « La construction européenne vue par les Français» publié en mars 2006 par la Commission européenne, on pouvait lire comme
intertitre : « Un déficit chronique d’information sur l’Union européenne et une soif d’information européenne : 80% des Français souhaitent une plus ample couverture de l’Union européenne par les médias ». Alors, qui doit-on croire ? Les rédactions qui affirment que le public n’est pas intéressé par l’Europe ou les Français interrogés dans les enquêtes d’opinion qui réclament plus d’Europe dans les médias ?

La soif d’information des Français sur l’Europe

Les enquêtes d'opinion menées auprès des Français consacrées à l'information sur l’Europe tendent à révéler, en effet, l’existence chez eux d’une soif d’information qui ne paraît pas satisfaite. Ceux-ci affirment en premier lieu qu'il est important d'être informé sur l'Europe. 85% des Français interrogés dans une enquête de la Commission européenne de 2006 considèrent qu'il est important d'être informé sur la politique et les affaires européennes, contre 14% qui pensent le contraire. Ce résultat est l'un des plus élevés de l'Union et, en tout cas, supérieur à la moyenne européenne (81%).

Une information insuffisante et peu compréhensible

Les Français ne s'estiment pas pour autant suffisamment et bien informés sur les enjeux européens, quelle que soit la source d’information. En 2006, ils étaient d'ailleurs les plus nombreux parmi les Etats membres à estimer que la quantité d'informations fournies par les médias de leur pays sur l'Union était insuffisante. Ils étaient 72% à défendre cette position, contre 68% des Allemands interrogés, 59% des Britanniques ou 51% des Espagnols. Ce constat est également partagé par un certain nombre de « décideurs » à qui l'on a posé les mêmes questions. Les « décideurs » français interrogés étaient 77,3% à estimer que la quantité d'informations fournies par les médias au sujet de l'Union était insuffisante, contre une moyenne de 71,9%. Ce reproche vise tout autant l’information d’origine gouvernementale.
[...]
Pour les Français, le premier symptôme de cette « mal-information » sur l'Europe serait son caractère difficilement compréhensible. En 2006, les Français sondés étaient, avec les Finlandais, ceux qui étaient les moins nombreux à considérer que les informations qu'ils obtiennent sur l’Europe sont compréhensibles : 43,1%, contre 51,1% en moyenne.

Le faible intérêt de la télévision française pour l’Europe

En France, ainsi que le mentionne le rapport du député Michel Herbillon remis au Premier
ministre et publié en 2005, les médias qui semblent le mieux couvrir l’actualité européenne sont la presse quotidienne nationale et les radios publiques. La plupart des quotidiens nationaux ont ainsi un ou plusieurs correspondants permanents à Bruxelles.
En revanche, la télévision, et plus particulièrement les chaînes de télévision privées, est le média qui paraît le moins enclin à s’intéresser à l’Europe. L’un des meilleurs symptômes de ce désintérêt global réside dans le fait que TF1, la première chaîne française en termes d’audience, n’a pas de correspondant à Bruxelles. Notons que le projet de cahier des charges de France Télévisions du 20 octobre 2008 contient des dispositions concernant l’Europe dans son article 14. Il incombe ainsi à France Télévisions d’intégrer la dimension européenne dans l’ensemble de ses programmes, dans des émissions spécifiquement consacrées à l’Europe et dans les journaux et magazines d’information.

Des JT où l’Europe est le parent pauvre

Ce désintérêt manifeste de la télévision française pour l’Europe est tout d’abord visible dans les journaux télévisés, qui représentent la principale source d’information, notamment politique, des Français. Les données divulguées par l’Ina en juin 2008 sont assez édifiantes de ce point de vue. En effet, si, en 2007, l'information internationale a
représenté en moyenne annuelle 17% du nombre de sujets traités dans les journaux du soir, les sujets liés aux institutions européennes à proprement parler n’ont constitué que 2,3% de l'offre totale (soit au total 716 sujets) et même 1,8% si l'on enlève les sujets diffusés par Arte. Le nombre de sujets diffusés sur l’Europe correspond à peu près au cumul des sujets consacrés au Moyen Orient et à la guerre en Irak (soit 724 sujets). On ne peut considérer pour autant qu’en 2007, l’actualité européenne ait été totalement dépourvue d’intérêt. On peut citer, en effet, comme actualité importante cette année-là l’adoption de l’euro par la Slovénie, l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Union européenne, le 50e anniversaire des traités de Rome, l’élargissement de l’espace Schengen à 9 Etats et surtout le processus ayant conduit à la signature du traité modificatif lors du Conseil européen de Lisbonne.
[...]
Parmi les sujets traités par les chaînes hertziennes, en 2007, l'Union européenne en général représente 62% des sujets européens et la Commission est l'institution la plus couverte avec 13% des sujets.

Pour lire l'intégralité de l'article au format Pdf :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/00/38/00/TV_Europe_Questions-d-Europe-128-fr.pdf

Sur le site de la Fondation Robert Schuman :
http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-128
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