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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 11:54
Par Régis Verley, Président France de l'AJE


Les ministres des affaires sociales des 25 sont sortis du Conseil européen sans avoir su trouver un accord sur le temps de travail. La question qui fait débat est pourtant simple : est-ce qu’on peut, entre européens, décider que le temps de travail ne doit pas, sauf exceptions prévues, dépasser le plafond de 49 heures par semaine, ou faut-il, comme l’exigent les Britanniques autoriser un « opt out », c’est à dire le droit pour un patron de proposer de dépasser cette limite pour une durée du travail qui dans les faits peut atteindre jusqu’à 55 heures par semaine ?

Faute d’une majorité qualifiée les ministres se sont quittés et ont renvoyé à plus tard la décision finale, laquelle traîne en longueur depuis prés de deux ans. Dans le même temps les candidats à la candidature socialiste évoquaient, au cours d’un débat télévisé, le sujet de l’avenir de l’Europe. L’Europe gagnera le cœur des Français « par la preuve » selon Ségoléne Royal, ou celle des Européens « par la gauche » selon Laurent Fabius. L’Europe, à entendre les débatteurs, va devenir « sociale » et intégrer les préoccupations des citoyens. Le projet européen des socialistes français va créer le consensus y compris sur les sujets de la diplomatie et de la défense…

L’Européen convaincu que je suis applaudit. Bravo ! Mais cette Europe sociale c’est pour quand ? Pas pour demain si j’en crois le compte rendu du dernier conseil des affaires sociales. Pour 2040 ou 2050, ou peut-être pour 2 100. Autant dire jamais. Dans le débat actuel sur l’Europe voilà vraiment le risque : la promesse d’une Europe idéale, et sans doute irréaliste, évite aux uns et aux autres, je ne vise pas seulement les socialistes, de s’engager dans un processus à court terme, difficile, laborieux, ingrat et impopulaire. Mais nous n’avons pas besoin d’une Europe pour les générations futures, nous avons besoin d’une Europe pour aujourd’hui et pour demain. La construction européenne, tous ceux qui l’ont suivie le savent, a été faite de pas en pas, de conquête en conquête. C’est ce qui fait la difficulté du processus européen, et sa complexité. Mieux vaut évoquer les grands projets et les grands principes. Mais n’est-ce pas un moyen, comme un autre, de ne rien faire ?

08-11-06


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