Samedi 24 avril 2010
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Pérouse, Italie. Cinq jours de manifestations et de réunions avec les plus grands noms du journalisme
mondial. Un régal. Quelques exemples ? Paul Steiger, directeur de Pro-publica, (ce site d'information vient de recevoir le prix Pulitzer,
une première) et ancien directeur du Wall Street Journal entre 1991 et 2007. Mais aussi le rédacteur en chef d'El Pais, Javier Moreno, Josh
Young du Huffington Post. Julian Assange de Wikileaks était très attendu après les
révélations sur la bavure américaine en Irak de 2007 tuant deux journalistes de Reuters mais les cendres d'un volcan islandais semblent avoir eu raison de sa participation. Au final, beaucoup
d'Anglais et Américains et bien sûr, de nombreux Italiens qui jouent à domicile (en photo, Roberto Saviano qui intervenait ce samedi 24 avril).
Les thèmes phares du festival sont les nouveaux médias et les nouvelles formes de journalismes. Par exemple, est représenté
Media140, une plateforme de réflexion sur la présence de plus en plus importante du "temps réel". Le chiffe 140 fait référence aux 140 caractères d'un Tweet et aux 140 jours durant
lesquels ils vont organiser des rencontres et évènements, partout dans le monde. David McCandless de i
nformationisbeautiful.net propose quant à lui de traiter l'information en la rendant agréable à regarder, grâce à des graphiques ou dessins. Sans oublier
Guy Degen, journaliste indépendant britannique qui a réalisé son reportage uniquement au moyen d'un iPhone, d'un nokia et un microphone.
Tout cela est très intéressant à découvrir, fait réfléchir et permet d'esquisser des voies pour le journalisme de demain. Mais mon sentiement est que le journalisme dit "européen" est totalement
absent. Point d'
Euronews, ni
d'Eurotopics ou
Presseurop (filiale du C
ourrier International).
Une seule conférence fait exception, prévue le samedi 24 avril à 17h30 et à laquelle j'assisterais : "Let me tell you about Europe". Seront présents Tiziana Berghini de
Reuters, Andrea Gianbartolomei de
cafebabel, Jean Quatremer de
Libération, Bruno Waterfield du
Daily Telegraph et Marci Zatterin de
la Stampa. Les trois derniers sont tous correspondants à Bruxelles, réduisant ainsi l'information européenne au communautaire. Car à côté de cela, l'Europe au sens large est
totalement absente. Très peu d'Allemands, peu d'Espagnols et encore moins de représentants d'Europe Centrale et de l'Est. Au final, aucune réflexion sur une potentielle "information européenne"
continentale qui permettrait de faire interagir les citoyens d'un espace commun. Car s'il est vrai que le journalisme doit réfléchir sur sa forme (via les nouvelles technologies et réseaux
sociaux), le fond ne doit pas être négligé et être inclus dans cette "révolution de l'information".
A noter : une conférence très intéressante à laquelle je n'ai pas pu assister, n'étant pas encore sur place. "La diversité des langues et des cultures en ligne" avec Nicola Bruno de Totem, Marc
Herman de Translation Exchange Project, Bernardo Parrella éditeur de Global Voices in Italian, David Sasaki de Rising Voices et Portnoy Zheng co-directeur de Lingua.
Un thème possible pour la prochaine édition du festival ? L'information multilingue et transnationale qui représente un défi majeur (au même titre qu'Internet et les nouveaux médias) pour le
journalisme et pas uniquement pour les Européens.
Francesca Barca
Article publié originalement sur Europa451 et reproduit avec leur aimable autorisation.
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