Parmi les nombreuses réunions actuellement consacrées à la profession, ces 1eres journées de la presse régionale occupaient une place à part pour l’AJE. L’association s’est engagée depuis plusieurs mois dans des rapprochements avec les nombreux clubs de la presse, pour aller à la rencontre des journalistes hors Paris et évoquer le traitement des sujets européens dans les rédactions de province (voir par exemple la 1ere rencontre du journalisme européen de proximité à Nantes).
(Karl Sivatte, Samar el Gamal, Willy Bracciano)
Cette manifestation était donc une occasion exceptionnelle de rencontrer des journalistes de la Martinique, de Guadeloupe, de Guyane, de Cuba, de Sainte Lucie, de la Dominique, d’Egypte, d’Haïti, de Guadeloupe, et bien sûr de France métropolitaine. Organisée par le club de la Presse Martinique, avec le soutien de l’Union des clubs de la presse de France et francophone (http://www.ucp2f.org/) elle s’est tenue du 10 au 13 novembre à Fort de France.
L’Europe, et la façon de l’aborder en tant que journaliste était l’un des premiers sujets abordés. La Martinique (et les autres territoires d’Outre-Mer) est une région bénéficiaire d’importants fonds structurels européens, aussi bien pour les aides sociales que pour les aides de développement. Le modérateur, Gabriel Gallion de France-Antilles, n’a pas manqué de rappeler que malgré cela, la participation n’avait été que de 12% lors des dernières élections parlementaires européennes. Il a donc été question de l’impact de l’UE sur la vie régionale, sur les industries, l’agriculture, les infrastructures, de la difficulté à rapprocher citoyens et institutions européennes, et des angles journalistiques permettant de parler Europe de façon concrète. En français et parfois en créole, les échanges ont été extrêmement variés, courtois et chaleureux.
Ces journées se sont montrées aussi une occasion exceptionnelle d’échanger aussi sur la situation de la presse dans les Caraïbes, une zone souvent ignorée des médias européens.
La question de l’insularité pose parfois des problèmes particuliers aux journalistes, qui se trouvent en « vase clos » avec des responsables politiques parfois bien décidés à « diriger » la presse locale. Il a parfois été déroutant de voir une journaliste cubaine fustiger les journalistes et blogueurs opposants au pouvoir castriste en les désignant comme « mercenaires au service des Etats Unis » et être applaudie par une partie de la salle…
Willy Bracciano, enfant de la Martinique, très respecté pour son travail de grand reporter à France24 et sa couverture de nombreux conflits, a témoigné sur le travail des reporters en terrains de crise.
Durant le désormais traditionnel débat sur les nouveaux moyens de communications (réseaux sociaux, Twitter et autres), certains journalistes ont demandé que soient mis en place des « garde-fous » pour éviter la propagation incontrôlée de rumeurs. Ce qui a été aimablement recadré par Pierre Gotson, responsable du site internet d’information haïtien alterpresse.org .
Pour clore ces journées ponctuées d’interventions d’excellentes qualité, Samar El Gamal, journaliste égyptienne, a retracé le chemin de la révolution égyptienne, expliqué le rôle joué par les médias pro-changement et le retour actuel des journalistes pro-Moubarak dans les organes de presse.
Contact Club de la presse Martinique :
Claude Bourgrainville, président
Contact UCP2F :
Karl Sivatte , président
Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer