Chères consoeurs, chers confrères,
Comme vous l’avez sans doute appris, j’ai été élu président de la section française de l’Association des journalistes européens (AJE) en 2008.
Je considère que l’AJE remplit un vide béant. Les rédacteurs chargés de suivre l’actualité européenne forment une catégorie bien particulière de spécialistes qui souffre d’un manque évident de
reconnaissance au sein de leur rédaction. Je sais, par expérience, que la couverture européenne est au mieux considérée comme particulièrement ennuyeuse, même si elle est encore jugée nécessaire
(mais pour combien de temps ?). Au pire, je crois que je vais en rester là …
La mise en réseau de l’ensemble de ces spécialistes très particuliers, toujours passionnés par leur sujet, me semble donc une nécessité, à la fois pour créer un contact entre nous,
échanger nos expériences et, tout simplement, exister comme corps spécifique : le grand reporter ou le journaliste politique jouisse d’un tel statut, pas le journaliste européen. Nous
pouvons et nous travaillons à changer cela.
Il ne s’agit pas de créer un énième syndicat ou de prendre la place d’associations plus spécifiques. Non, il s’agit simplement de nous regrouper, de nous faire connaître, de peser. Et pour cela l’AJE dispose d’un moyen, le prix Louise Weiss du journalisme européen qui récompense les meilleurs journalistes confirmés et les jeunes talents. J’ai l’ambition d’accroître la dotation et d’en faire un prix aussi incontournable que le prix Albert Londres.
Ce dernier prix offre d’ailleurs un parfait exemple du manque de considération dont souffre notre spécialité : a-t-il jamais été attribué à un spécialiste et qui plus est à un spécialiste
européen ? Evidemment non. C’est le « grand reportage » ou le « carnet de route » qui est récompensé. Un biais curieux alors que les citoyens ont chaque jour davantage
besoin de décrypteurs et donc des spécialistes que nous sommes.
C’est seulement si nous regroupons l’ensemble de la profession que nous aurons les moyens de développer ce prix et de le doter de façon conséquente.
Avec 25 sections à travers l’Europe, l’AJE permet des contacts avec des centaines de journalistes européens professionnels et favorise les échanges d’infos.
Une AJE forte nous permet aussi de défendre auprès des écoles de journalisme la nécessité de former les étudiants aux affaires européennes. Trop souvent, on considère que le fait de ne rien
connaître à ces questions n’est pas un handicap à l’heure où l’interpénétration entre le national et l’Européen n’a jamais été aussi grande. Combien de fois avons nous vu l’un de nos papiers
titrés « Conseil de l’Europe » pour « Conseil européen » et « Cour de Strasbourg » au lieu de « Cour de Luxembourg » ?
Enfin, il faut que vous sachiez que la précédente équipe a su donner une forte crédibilité institutionnelle à l’AJE qui se bat aussi pour la qualité et la diversité de l’information européenne.
En particulier, nous sommes reconnus par le Conseil de l’Europe et l’Unesco. Nous organisons régulièrement des rencontres avec des personnalités de la Commission européenne, du Parlement, ou du
gouvernement français. L’AJE a le statut d’observateur au comité des médias du Conseil de l’Europe depuis le printemps 2008, ce qui lui permet de soumettre des rapports et de faire des
propositions sur les conditions de travail des médias européens.
Pour mener à bien toutes ces missions, nous avons besoin de vous, de votre adhésion : l’AJE ne peut exister que par vous ; fondamentalement indépendante, elle ne perçoit aucune aide
ou subvention de fonctionnement.
Bref, j’appelle tous ceux qui s’occupent à un titre ou à un autre de l’information européenne à nous rejoindre (les titulaires de la carte de presse, mais aussi ceux qui travaillent dans les
nouveaux médias sans toujours avoir ladite carte). Il suffit pour cela de s’inscrire sur le site Paypal (si vous ne disposez pas déjà d'un compte Paypal) et de payer en ligne une cotisation annuelle de 15
euros pour les pigistes et de 50 euros pour les heureux titulaires d’un CDI.
Vous pouvez aussi télécharger le formulaire d'adhésion
(format Word), et nous retourner un chèque par courrier.
En vous remerciant par avance de votre confiance.
JEAN QUATREMER
Président de la section française de l’AJE
Correspondant de Libération auprès de l’Union européenne