21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:16

Le Club de la presse de Strasbourg a lancé une pétition en ligne pour sauver l'émission "L'Europe au quotidien", diffusée sur France Info. L'émission suit depuis 22 ans l’actualité de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe, en mettant en avant les aspects pratiques, concrets et quotidiens.

 

Pour signer la pétition en ligne :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Radio_France_On_demande_que_la_chronique_LEurope_au_quotidien_ne_soit_pas_supprimee/?aTlxYhb

 

 

Le communiqué du Club de la presse de Strasbourg :

France Info France Info a décidé de supprimer la chronique hebdomadaire "L'Europe au quotidien" qui, depuis 22 ans faisait vivre l'actualité du Parlement européen et du Conseil de l'Europe, rendait compte des principaux dossiers européens, et mettait en lumière l'important travail réalisé par les eurodéputés.
 

Notre consœur Anja Vogel y œuvrait avec beaucoup de compétence depuis 16 ans, ce qui lui avait d'ailleurs valu les honneurs du Prix du Club de la presse en 2005.
Nous sommes étonnés par cette décision prise au lendemain de l’élection des députés européens de 2014 qui a révélé le besoin d’une information européenne constructive.
Le Club de la Presse Strasbourg Europe compte près de 800 membres dont de nombreux journalistes européens. Aujourd’hui plus que jamais l’Europe a besoin de voix et de l’expertise de journalistes spécialisés.
Nous vous proposons de signer cette pétition dans laquelle nous demandons à Radio France de bien vouloir reconsidérer la décision de priver les auditeurs de France Info de cette chronique qui les informait de l’impact de l’Europe sur leur vie quotidienne.

 

Pour écouter les émissions sur le site de France Info:

http://www.franceinfo.fr/emission/l-europe-au-quotidien

 

L'association des journalistes européens s'associe à cet appel, et s'inquiète du traitement de l'information européenne dans les médias de service public. Rappelons que 74% des Français ont le sentiment de mal connaitre les institutions européennes (source Harris Interactive).

 

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 13:28

L'équipe de Presseurop a diffusé le message suivant, confirmant “l’arrêt de l’activité Presseurop à la fin du contrat fixée au 20 décembre 2013” :

 

 

Chère consoeur, Cher confrère,

Presseurop va s’arrêter le 20 décembre. Notre contrat avec la Commission européenne, son bailleur, se termine à la fin de l’année. Le 19 juin dernier, la Commission a publié un appel d’offre qui, si nous l’avions remporté, nous aurait permis de poursuivre notre activité. Elle l’a toutefois retiré le 12 juillet, notamment suite à la parution de deux articles critiques — dans The Times (1) et le Wall Street Journal (2) — vis-à-vis du contenu de l’appel d’offres et pour des raisons budgétaires (3).

Depuis, l’Association de la presse internationale (API) a fait part à la DG COMM et à sa commissaire de tutelle, la vice-présidente Viviane Reding, de son soutien à Presseurop, en raison de son indépendance éditoriale. De nombreux députés européens, à l’initiative de Doris Pack et Morten Lokegaard, se sont mobilisés pour que le budget alloué aux projets multimédia soit augmenté, dans le but de financer Presseurop en 2014 en attendant la publication d’un nouvel appel d’offre. Cela a abouti à l’allocation de 6,8 millions d’euros supplémentaires dans le budget de l’UE pour 2014 voté le 20 novembre.

Malgré une audience en hausse continue depuis quatre ans (600 000 visiteurs uniques par mois) et malgré le fait qu’une évaluation indépendante (4) a recommandé à la Commission la poursuite du projet, celle-ci persiste à ne pas vouloir les utiliser pour Presseurop, condamnant ainsi le site à disparaître purement et simplement, et les quelque 70 personnes — journalistes, éditeurs et traducteurs — qui le font, à perdre leur emploi.

Nous connaissons votre intérêt pour Presseurop et les activités de la Commission. Nous sommes à votre disposition pour vous donner plus de détails si vous souhaitez relayer cette information.

Ce que la presse et les sites spécialisés disent de Presseurop :

https://docs.google.com/a/presseurop.eu/document/d/17cLxXz-kUUbQjluZwBAOSmhBM0mBIEdTxZAP7QHS_6Q/pub


Ce que les lecteurs de Presseurop disent du site :
https://docs.google.com/a/presseurop.eu/document/d/1TUh-Ab_Tm7xT2-x8HnipiEjKE0-CvYhc3hJRXfnvbOI/pub

 

 


(1) L’article du Times : http://www.thetimes.co.uk/tto/news/world/europe/article3811610.ece
(2) L’article du Wall Street Journal : http://blogs.wsj.com/brussels/2013/07/11/eu-nyet-to-pravda-news-site/
(3) La conférence de presse sur Presseurop : http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?sitelang=en&ref=I082759
(4) L’évaluation du cabinet Deloitte : http://ec.europa.eu/dgs/communication/about/evaluation/documents/2012-interim-evaluation-presseurop_en.pdf

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 17:14

magnus-falkehed01-kopia-lagre_500.jpg26 novembre 2013 - Nous venons d'apprendre que Magnus Falkehed, correspondant de la presse suédoise basé à Paris, a été kidnappé en Syrie, avec le photographe Niclas Hammarstrom. Les deux journalistes étaient en train de quitter la Syrie, samedi 23 novembre, quand ils ont été capturé par un groupe inconnu.

Magnus Falkehed est membre de la section française de l'association des journaliste européens depuis 2008. Il a aussi été juré pour le prix Louise Weiss. 


D'une gentillesse extraordinaire et d'un professionnalisme sans faille, Magnus Falkehed est un observateur attentif des dossiers européens et de l'actualité française depuis une vingtaine d'années.

 

La Syrie est aujourd’hui le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Selon le recensement de Reporters sans frontières, plus de 110 acteurs de l’information ont été tués dans le cadre de leurs fonctions depuis mars 2011, plus d’une soixantaine sont aujourd’hui détenus, retenus en otages ou portés disparus. "Travailler en Syrie est un cauchemar" estime le président de la section suédoise de RSF, Jonathan Lundqvist.

 

Le dossier est actuellement entre les mains du gouvernement suédois et de la section suédoise de Reporters Sans Frontières :

http://www.reportrarutangranser.se/nyheter/20131126/tva-svenska-journalister-bortforda-i-syrien

 

Le site de Magnus Falkehed : http://www.falkehed.com/

 

Nos pensées vont à sa famille, dans ce moment de grande incertitude et d'inquiétude ; l'AJE France espère son retour rapide, et suivra de près l'évolution de la situation.

 

Rappelons aussi que les journalistes français Didier François, Édouard Élias, Nicolas Hénin et Pierre Torres sont toujours retenus en Syrie :

http://otagesensyrie.org/

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 14:40

A l'approche des élections européennes de 2014, l'AJE s'intéresse au traitement que les rédactions françaises appliquent aux sujets européens. Après Le Monde et les 766, nous nous intéressons au travail effectué par Témoignage Chrétien, dans son dernier supplément.

 

"Une volonté de contre-pied, de taper dans la fourmillière". Pour Marc Endeweld, reporter politique à Témoignage Chrétien, les choses sont claires : "nous sommes partis d'un constat : après 18 mois de présidence de François Hollande, il y a en France un déficit de débat sur les institutions européennes.  Nous avons donc eu la volonté de tirer un bilan de ce qui s'est passé après le référendum sur le Traité constitutionnel de 2005. Mais aussi de faire des propositions pour une "autre Europe". Car il y a une vraie difficulté à faire des propositions de la part de la gauche française, aussi bien au parti socialiste qu'à la gauche de la gauche".

On trouve ainsi des interviews de Isabelle Durant (vice présidente du Parlement Européen) et de Sylvie Goulard (députée européenne Modem);  un décryptage des relations entre élus locaux, syndicalistes, régions et Union Européenne ; une réflexion éthique sur la question des racines de l'Europe, de sa philosophie, du religieux et du sécularisme ; et une jeu de cartes très pédagogiques pour illustrer "de quelle Europe parle-t-on ?" (Schengen, zone euro, Osce, Conseil de l'Europe...).   

Plus original, l'historien Robert Franck publie une uchronie dans laquelle la Communauté Européenne de Défense (CED) aurait été adoptée en 1954.

Ce cadre éditorial étant posé, l'interview de François Bayrou sur sa vision d'une "Europe forte et protectrice", de cinq pages (!), peut donc surprendre. Mais Marc Endeweld explique que "la rédaction de Témoignage Chrétien cherchait à obtenir cet échange depuis la dernière campagne présidentielle, au cours de laquelle nous avions fait plusieurs grands entretiens politiques. Nous nous sommes intéressés au président du Modem pour ce dossier car il a toujours marqué sa différence, et joue son rôle "d'électron libre" dans les dossiers européens."


Le journaliste, qui a coordonné le dossier, estime que actuellement "l'Europe est réduite à la portion congrue dans les médias français. Cela s'explique par une réduction des moyens des rédactions et, selon de nombreux rédacteurs en chef, par un désintérêt du public." Une attitude qui n'est donc pas partagée par l'équipe du magazine, car "l'Europe fait partie du fonds politique de Témoignage Chrétien, qui est celui la gauche chrétienne, du PSU à Jacques Delors."

 

Propos recueillis par Fabrice Pozzoli-Montenay 

 

Le sommaire "Europe" du supplément de Témoignage Chrétien

 

VISAGE    
Luka Hita, 24 ans, contributeur croate au magazine en ligne d’information citoyenne Cafebabel

SIGNES DES TEMPS

MOYEN ORIENT Une Syrie au milieu des tensions     
POLITIQUE FN : le coup d’État rampant     
SOCIAL Le travail, enjeu de la réforme des retraites  
EN CARTES de quelle Europe parle-t-on ?   
ÉGYPTE Pascal Gollnisch : « Les Frères ont montré leur vrai visage »    
PROSÉLYTISME Les Veilleurs : sombre lumière    

VU D’ICI   

Europe-Turquie : la passion s’éteint

À QUATRE MAINS   
Ces chrétiens qui croient en l’Europe

DOSSIER BESOIN D’EUROPE     

  • Pour une autre Europe   
  • L’Europe, l’idée inachevée    
  • J’ai fait un rêve 
  • Une difficile équation pour François Hollande    
  • jeter, gouverner ou réformer l’euro ?    
  • Les chômeurs allemands, dans l’ombre du modèle    
  • Santé : des solidarités franco-grecques    
  • L’Europe, la patrie des droits de l’homme     
  • Quel avenir pour l’Europe dans un monde multipolaire ?     
  • « La globalisation relativise l’Europe »    
  • L’Europe des citoyens en marche    
  • L’Europe, des racines et un avenir    
  • Croire en l’Europe aujourd’hui   


GRAND ENTRETIEN   
François Bayrou : « Je suis pour une Europe active et influente »

COMMUNAUTÉS    
Euronews, la télé en treize langues

Pour le commander en ligne :

http://www.temoignagechretien.fr/BOUTIQUE/TC-n%C2%B03555-+-supplement-mensuel/Default-299.xhtml

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 17:37

En télévision, comment traiter avec humour de sujets européens aussi différents que les cartes professionnelles des infirmières,ou la législation sur les cigarettes électroniques ? Comment expliquer le rôle des lobbys au Parlement européen, le travail quotidien des députés,  avec humour, mais aussi avec pertinence et précision ?

Trop souvent, les  journalistes TV considèrent que c'est "Mission Impossible". Et vous le répèteront avec mépris : l'Europe à la télé, c'est chiant difficile à faire passer. Manque d'images, manque d'émotion, sujets complexes, bref rien qui puisse intéresser un responsable des programmes, et encore moins un large public.

Et pourtant, force est de constater qu'en faisant quelques efforts d'imagination et en maitrisant leur sujet, les journalistes d'EuradioNantes parviennent à vous accrocher, vous amuser et vous informer. Réalisée par Laurence Aubron, Nick Resmann et Jean-Philippe Xhaët, l'émission intitulée "les 766" (en référence au nombre de députés européens) réalise cet exploit en 7 délicieuses minutes.

Grâce à un montage nerveux, une musique sautillante, des commentaires ironiques ou complices, une volonté de chercher l'information sans complaisance. Et le public suit : le deuxième épisode a été visionné plus de 185.000 personnes au 15 octobre, un joli succès pour ce type de sujet. Le troisième épisode vient d'être mis en ligne, et pourrait bien pulvériser ce score.

Un exemple à suivre, une émission qui gagnerait à être diffusée plus largement.

 

 

Les 766, une émission mensuelle d'EuradioNantes, sur Dailymotion

 


Les 766 épisode 3 par euradionantes

 


Les 766 épisode 2 par euradionantes

 


Les 754 épisode 1 par euradionantes

 

Fabrice Pozzoli-Montenay

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 15:04

Le_Monde_logo.pngEnnuyeuses, les élections européennes ? Ce n'est clairement pas l'approche du quotidien Le Monde, qui renforce son équipe "Europe", en prévision d'une année 2014 à l'actualité chargée. Quatre journalistes basés à Paris travailleront en équipe avec les correspondants à Bruxelles à partir du 1er octobre.

Le dispositif, rattaché au service International du journal, se composera de :

- Cécile Chambraud, chef de pôle Europe

- Claire Gatinois, qui suivra en particulier les sujets économiques

- Alain Salles, qui arrive de Grèce

- Piotr Smolar, spécialiste des Balkans et de l'Europe orientale

- Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants, correspondants permanents à Bruxelles.

 

"Nous nous appuierons aussi sur le réseau de correspondants dans les capitales européennes,qui est une des forces du Monde, pour le traitement quotidien" indique Cécile Chambraud."Notre objectif est que l'Europe soit plus présente et de façon plus cohérente sur le site web, et de mettre en place une vraie stratégie bi-média". 

Arnaud Leparmentier, rédacteur en chef du Monde, affiche sa combativité sans complexe. "Nous ne voulons pas rejouer 2005 (année du référendum sur le traité constitutionnel, ndlr). Nous avons la volonté de faire de la pédagogie, de montrer les enjeux réels de la construction européenne. Le journal a toujours été engagé dans un combat pro-européen, c'est un de nos engagements historiques."

 

Fabrice Pozzoli-Montenay

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 16:46

Le site Touteleurope.eu est un peu le vétéran des sites d'information sur l'Union Européenne. Créé en 2006, après le NON  au référendum sur le traité constitutionnel, il propose une approche pédagogique des politiques européennes. Une nouvelle version a été lancée cette semaine, proposant un "carrousel" d'informations dès la page d'accueil, une navigation plus intuitive, des "chiffres/Phrase/Date du jour". Un ticker avec les dernières news court en bas de page. Autant d'éléments qui rappellent la maquette des sites d'informations généralistes.

touteleurope_eu.jpg

Autre nouveauté, le site s'est doté d'un moteur de recherche interne plus performant, permettant une meilleure exploitation des archives et des croisement par thèmes.

Au fil des années, Touteleurope a bâti une base documentaire considérable : plus de 6000 articles, 500 vidéos sur Dailymotion, une centaines de cartes et infographies sont librement accessibles. "Beaucoup de grands médias reprennent notre fond documentaire et nous en sommes très heureux" indique Emilie Louis, la rédactrice en chef. Les étudiants, professeurs et chercheurs font aussi partie des publics ciblés. Des informations pratiques permettent de connaitre toutes les démarches sur "voyager, étudier, travailler et résider" dans l'UE.

Le site est consulté par environ 350.000 visiteurs chaque mois, et diffuse une newsletter quotiedienne à plus de 10.000 abonnés. Depuis 2010, ToutelEurope.eu dispose d'un numéro de Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) en qualité de service de presse en ligne.

Lors d'une intervention vidéo, le ministre des affaires européennes, Thierry Repentin, a tenu un discours très combatif à l'approche des élections de 2014 et a appelé à un "véritable affrontement pour faire apparaitre les enjeux européens". Dépendant de subventions et de partenariats, Touteleurope devrait logiquement voir sa fréquentation augmenter considérablement à l'approche des élections européennes de 2014, et constituera une carrefour important pour l'information des citoyens.

 

 

Fabrice Pozzoli-Montenay

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 15:45

Nos amis des Euros du Village ont réalisé un documentaire exclusif sur le nouveau service diplomatique commun de l'Union Européenne.
Créé en 2010-2011, à la suite de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, ce Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), a connu une entrée en matière pour le moins mouvementée. Alors que les secousses qui traversent le monde arabe mettent régulièrement en exergue des divergences diplomatiques flagrantes entre pays européens, les auteurs ont voulu tirer leur propre bilan de l’action du SEAE et de la femme qui se trouve à sa tête, Catherine Asthon.

 


Au nom de l'Europe par Euros_du_Village

 

 

Pour la plupart des observateurs, le bilan apparaît comme très mitigé. Dès son entrée en fonction, de nombreuses critiques se sont en effet exprimées à l’égard du travail de Catherine Ashton, régulièrement dans la ligne de mire des médias pour sa prétendue incompétence et sa passivité.
Mais était-il possible de faire beaucoup mieux ? Les soutiens de la Haute Représentante mettent en avant les difficultés qu’il y avait à mener de front la mise en place d’une structure administrative complexe et la conduite d’une politique étrangère active. Au-delà se pose la question plus fondamentale de la possibilité pour le Haut Représentant de mener une politique étrangère autonome alors que les Etats européens continuent de préserver jalousement leurs prérogatives et spécificités nationales en la matière.
En somme, malgré tous les bénéfices théoriques qu’apporte une diplomatie européenne commune, dans quelle mesure cet objectif est-il vraiment atteignable à l’heure actuelle ? Et la structure du SEAE, si elle permet sans doute une meilleure coordination des actions sur le terrain, n’est-elle pas condamnée à rester une coquille vide lorsqu’il s’agit de fixer des orientations politiques ?  En interrogeant des experts et des décideurs issus du Parlement européen comme du SEAE et des diplomaties nationales, les auteurs essaient de comprendre qui parle aujourd’hui, ou pourrait parler un jour, « au nom de l’Europe ».

 

Pour en savoir plus, toutes les informations sur le site des Euros du Village.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 09:38

Suite à la fermeture des chaines d'audiovisuel public ERT par le gouvernement grec le 11 juin, la section grecque de l'association des journalistes européens nous a fait parvenir le texte suivant :

 

La section grecque de l'AEJ (association of european journalists) désapprouve totallement les méthodes utilisées par le gouvernement pour interrompre le signal des chaines de l'audiovisuel public ERT pour mettre en place une nouvelle compagnie publique dans les trois mois à venir. En même temps, elle considère que la situation telle qu'elle existait doit changer radicalement. Une législation appropriée doit être mise sur la table immédiatement, de façon à ce que la nouvelle chaîne publique puisse être opérationnelle aussi vite que possible.

 

[Mise à jour de la section grecque le 13/06/13] : En Grèce, des millions de gens ont été obligés de payer 60 euro/an pour le service audiovisuel public d'information, sans la moindre information sur l'utilisation de cet argent. L'ERT n'a jamais publié ses comptes certifiés depuis 30 ans. Une législation appropriée devrait être mise en place rapidement, de façon à ce qu'un nouveau service public audiovisuel puisse travailler le plus vite possible.

L'AEJ international soutient la position exprimée par ses collègues grecs. Notant les rapports indiquant l'impasse actuelle après des mois de négociations sur la restructuration, et les propos du premier ministre Samaras indiquant une fermeture provisoire, l'AEJ soutient les appels de la European Broadcasting Union (EBU) à revenir sur la décision de fermeture et une reprise des négociations.

 

 

Le communiqué original :


AEJ deplores the abrupt closure of Greek public broadcasting; looks to ‘necessary’ reforms

 

13 June 2013  - The AEJ Greek Section totally disagrees with the methods that Government used to cut off the signal of the public broadcaster ERT in order to set up a new broadcasting company in three months’ time. At the same time it considers that the situation as it was before must be changed radically. The appropriate legislation must be tabled immediately, so that the new broadcasting body can begin operating as soon as possible.

 

[Added by the Greek section the 13th of June 2013] In Greece millions of people have been obliged to pay 60 euros per year for public service broadcasting without proper information about how the money has been used. For the past thirty years ERT has failed to publish properly audited accounts. Appropriate legislation should  be drawn up without delay so that a new, reformed broadcasting body can begin operating as soon as possible.

 

The international AEJ endorses the position expressed by our Greek colleagues. Noting reports that a stalemate had been reached after months of negotiation on restructuring and that Prime Minister Samaras had said the closure would be temporary, the AEJ endorses calls by the European Broadcasting Union for a reversal of the closure decision and a resumption of negotiations.

 

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 19:13

En ce mois de février 2013, l'actualité européenne se montre particulièrement riche. Et plusieurs articles méritent d'être signalés, car ils correspondent particulièrement bien aux problématiques auxquelles s'intéresse l'AJE.

 

lasagnesJ4M.jpg1. Commençons par le coup de gueule de Jean Quatremer, sur son blog "Coulisses de Bruxelles". Suite à l'affaire de la viande cheval découverte dans des plats cuisinés "au boeuf",le correspondant de Libération à Bruxelles (et président d'honneur de l'AJE) pointe les "calembredaines" et rumeurs "totalement infondées" diffusées slors de l'émission "Mots Croisés" et par une chronique de Daniel Scheidermann.

"Lundi soir 11 février, lors de l’émission Mots Croisés de France 2 consacrée à ce scandale (éclipsé depuis par la démission du Pape), le journaliste Yves Calvi a ainsi été très affirmatif : « vous êtes en train de nous dire que les normes européennes font que petit à petit les carrioles roumaines ne peuvent plus être utilisées sur les routes roumaines et les Roumains, qui ne mangent pas de cheval, se retrouvent avec un stock de viande de cheval » lance-t-il à Perico Légasse, rédacteur en chef de Marianne (16ème minute de l’émission). Pourtant, ce dernier n’a pas mentionné l’Europe dans ses propos, mais seulement une interdiction roumaine d’utiliser des carrioles sur les routes locales. Il approuve néanmoins : après tout, l’Europe responsable, hein, c’est probable. Et personne, parmi les invités, dont le ministre Benoît Hamon, ancien député européen, ne le dément. Donc, si on suit Yves Calvi, il y aurait une directive ou un règlement européen (proposé par la Commission et voté par les États membres et le Parlement européen) qui aurait spécifiquement interdit les carrioles en Roumanie" écrit Jean Quatremer.Et qui poursuit :

"Les spécialistes des questions européennes ont tout de suite compris que quelque chose clochait : a priori, l’Union n’a aucune compétence en matière de code de la route et plus généralement en matière de droit pénal. Elle peut tout au plus proposer des mesures de coordination, mais en général l’échec est au bout du chemin au nom du principe de subsidiarité (cela a été le cas pour l’harmonisation des vitesses sur les autoroutes). De plus, un texte européen imposant une norme à un seul pays, en l’occurrence la Roumanie, c’est tout simplement impossible : une norme juridique européenne s’impose à toutes les situations identiques ou à personne. Enfin, un minimum de raison aurait dû alerter les journalistes : mon Dieu, pourquoi s’intéresser aux seules carrioles roumaines ?"

 

Les réglementations européennes, une affaire de spécialistes donc ? L'équipe d'Arrêts sur Image s'interroge et souligne que "Quatremer ne cite pas précisément ces "lignes directrices".

 

Pour lire le billet de blog dans son intégralité :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/02/lasagnes-au-cheval-leurope-coupable-forc%C3%A9ment-coupable-1.html

 

2. Moins polémique, la pratique du "journalisme européen" est régulièrement décryptée sur le blog "La comm' européenne", qui s'interroge cette semaine sur "l'éditocratisation du journalisme européen". L'auteur, consultant en communications publiques, relève que "à l’issue du Conseil européen des 7 et 8 février dédié aux négociations sur la programmation financière de l’UE pour 2014-2020, dont la principale conclusion est la baisse inédite du budget de l’UE, les réactions des correspondants de presse européens semblent évoluer d’une approche traditionnellement neutre (informative et/ou éducative) vers un rôle plus engagé d’éditorialistes politiques". S'appuyant sur "une étude empirique transnationale comparative portant sur 7 pays" détaillant les pratiques des journalistes traitant de l'Union Européenne, il constate une évolution vers un traitement plus politique : "C’est bien peut-être cette sensibilisation traditionnelle des journalistes européens principalement destinée à informer et à éduquer le public qui serait en train d’évoluer avec des journalistes qui agiraient plus ouvertement comme des journalistes politiques."

 

3. L'intervention française au Mali fait moins la Une des médias, mais le site Bruxelles2, spécialisé dans l'Europe de la défense, passe en revue les apports de nos alliés européens et américains à l'opération Serval. Loin des clichés et de l'ironie facile que l'on a a beaucoup lus et entendus, il souligne que "Sans l’apport précieux et couteux des Alliés, c’est bien simple, l’opération “Serval” n’aurait pas duré plus de 72 heures… et aurait couté beaucoup plus cher sans compter le risque supplémentaire d’un acheminement trop lent sur place." Si "la timidité européenne est bien réelle", et les résistances nombreuses, il énumère les soutiens belges, anglais, néerlandais, allemands aux forces françaises. Et conclut :"Additionnez, multipliez ! Et voyez si l’apport européen a été négligeable. Pour ma part, je le chiffre entre 60 et 100 millions d’euros dans le premier mois ! Soit tout autant que l’engagement français annoncé par le ministre Jean-Yves Le Drian (70 millions d’euros)". Une approche que l'on n'a guère vu diffusée chez les journalistes français. 

 

http://img.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L617xH399/troll-dolls-2-603ad.jpg4. Dans le chapitre "le pire de l'information européenne", la palme est attribuée sans réserve au suivi du dossier "les Trolls de l'UE". Un premier article est publié par le très euro-sceptique journal britannique Daily Telegraph, qui s'indigne d'un budget alloué par le Parlement Européen pour le suivi et le monitoring des "débats sur les réseaux sociaux et blogs qui ont la capacité d'attirer les médias et l'intérêt des citoyens" ("public opinion monitoring tools" to "identify at an early stage whether debates of political nature among followers in social media and blogs have the potential to attract media and citizens' interest" dans le rapport original.) Un an avant les élections européens, le Parlement européen s'inquiète des faibles taux de participation et de l'image publique de l'Union Européenne. Un article critique des politiques de communication européenne, mais argumenté et étayé de documents de référence,bien que ne citant qu'un point de vue politique, celui de l'UKIP (Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni, farouchement anti-européen).

Mais l'article est ensuite repris dans des supports francophones, qui ne s'embarrassent pas des précisions de Bruno Waterfield, et le titre devient chez Agoravox "L’UE va financer des « trolls » pour contrer les eurosceptiques en vue des élections de 2014". Avec une accroche ravageuse : on serait en présence de "la planification d'une campagne de propagande sans précédent, avant et pendant les élections de juin 2014" avec "des outils de contrôle de l’opinion publique", avec des communiquants payés pour "se joindre aux conversations et de les influencer, par exemple en fournissant des faits et des chiffres déconstruisant les mythes (...). Des fonctionnaires européens grassement payés pour troller sur Twitter et Facebook réussiront-ils à convaincre les Grecs que plus d'Europe c'est la paix, ou les Espagnols que plus d'Europe c'est le plein emploi ?" On est bien loin du texte du Daily Telegraph, et le texte même de l'article est parfois interprété de façon très large et traduit avec des erreurs grossières.

 

5. La critique des politiques de l'Union Européenne peut se faire plus sérieusement, et Euractiv.fr nous livre un bon exemple de fact-checking solide : reprenant les propos de François Hollande sur le programme d'aide alimentaire qui aurait été "préservé", Jean-Sébastien Lefebvre relève que derrière le propos apaisant, des réalités peu rassurantes apparaissent. "Dans la nouvelle configuration, les procédures d’allocation de l’argent seront plus complexes. Comme tous les projets financés par le FSE et contrairement à la procédure précédente, un co-financement national sera nécessaire." Et note que le nouveau "fonds européen d’aide aux plus démunis" disposera d'un milliard d'euros de moins que le programme précédent". (...) "De plus, la vocation du FEAD ne sera plus uniquement alimentaire. Il dépendra désormais de la ligne de crédit dédiée à la réinsertion et pourra donc financer d’autres biens essentiels de première nécessité (vêtements, chaussures…). Le financement de l’alimentation devrait donc diminuer." , alors que selon la Fédération européenne des banques alimentaires, "800 millions de repas ont été distribués en Europe en 2011, répondant ainsi aux besoins essentiels en produits de première nécessité de 5,2 millions de personnes". Dans le climat général d'austérité et de montée de la précarité, on est là en présence d'une potentielle bombe sociale.

 

Fabrice Pozzoli-Montenay

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Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer

Je considère que l’AJE remplit un vide béant. Les rédacteurs chargés de suivre l’actualité européenne forment une catégorie bien particulière de spécialistes qui souffre d’un manque évident de reconnaissance au sein de leur rédaction. Je sais, par expérience, que la couverture européenne est au mieux considérée...(lire la suite)

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