Un sondage récent avance que Nicolas Sarkozy serait celui des candidats à la présidence qui, en cas d’élection, ferait le plus avancer la construction européenne. L’intéressé n’a pas pavoisé, c’est étonnant, mais on le comprend. Être ainsi désigné par la France qui a voté non à la Constitution européenne le 29 mai 2005 ne conduit pas à arborer sa fierté d’être européen. Faudrait-il donc lire ironiquement le sondage à l’envers ?
Si Sarkozy avait été en tout cas président de ce dernier quinquennat, la France serait embourbée en Irak, l’Europe politique encore plus sanguinolente vu l’atlantisme du ministre de l’Intérieur et par effet de balancier antilibéral, le non aurait été encore plus violent au référendum. Sarkozy aurait pu déclarer que l’Europe, « il faut l’aimer ou la quitter » et la nettoyer au « Karcher » (sic). Et pourquoi pas, promettre un ministère du contrôle des frontières et de l’identité européenne pour couronner le tout, de la part de celui qui n’a pas compris que les identités ne se substituent pas les unes aux autres, mais qu’elles s’additionnent ?
Que propose celui qui, aspirant à l’Elysée, se retrouverait en 2008, à la tête de la présidence française de l’Union européenne ? Une position unique parmi les candidats. Soumettre un traité simplifié à la ratification des parlementaires français. Soit le principe d’une Constitution, sortie « manu populi » par la porte, reliftée au bistouri et refaufilée par la fenêtre, voilà qui a des relents antidémocratiques. « Même lavé à l’eau de rose, l’ail ne perd pas son odeur. », selon un joli proverbe indien. Certes, on objectera qu’il ne s’agit pas du même texte. Mais pourquoi ne pas dans ce cas le soumettre à référendum, comme le premier ? Il serait intéressant de savoir ce qu’en pense Simone Veil, dans la grande sagesse qu’on lui reconnaît presque unanime, et dont on imagine que ce ne sont pas les positions en matière de politique européenne qui l’ont conduit à soutenir Sarkozy.
Le reste du projet européen sarkoziste reste à l’avenant d’une posture, voire d’une imposture, européenne. Quel est le rôle que l’Europe devrait avoir sur la scène mondiale ? On rêverait du candidat gaulliste aux accents d’un Malraux, l’Europe n’est elle-même que s’adressant au monde… Silence radio. Faire avancer l’Europe par l’impulsion de petits groupes ? Bonjour l’Europe à plusieurs vitesses. Et en kit. Comme si les deux n’existaient pas déjà. Bref, devant un tel enthousiasme programmatique, l’électeur reste sur sa faim et l’Europe peut bien rester sur sa fin.
Stephen Bunard est vice-président France de l’Association des Journalistes Européens – www.ajefrance.com
Si Sarkozy avait été en tout cas président de ce dernier quinquennat, la France serait embourbée en Irak, l’Europe politique encore plus sanguinolente vu l’atlantisme du ministre de l’Intérieur et par effet de balancier antilibéral, le non aurait été encore plus violent au référendum. Sarkozy aurait pu déclarer que l’Europe, « il faut l’aimer ou la quitter » et la nettoyer au « Karcher » (sic). Et pourquoi pas, promettre un ministère du contrôle des frontières et de l’identité européenne pour couronner le tout, de la part de celui qui n’a pas compris que les identités ne se substituent pas les unes aux autres, mais qu’elles s’additionnent ?
Que propose celui qui, aspirant à l’Elysée, se retrouverait en 2008, à la tête de la présidence française de l’Union européenne ? Une position unique parmi les candidats. Soumettre un traité simplifié à la ratification des parlementaires français. Soit le principe d’une Constitution, sortie « manu populi » par la porte, reliftée au bistouri et refaufilée par la fenêtre, voilà qui a des relents antidémocratiques. « Même lavé à l’eau de rose, l’ail ne perd pas son odeur. », selon un joli proverbe indien. Certes, on objectera qu’il ne s’agit pas du même texte. Mais pourquoi ne pas dans ce cas le soumettre à référendum, comme le premier ? Il serait intéressant de savoir ce qu’en pense Simone Veil, dans la grande sagesse qu’on lui reconnaît presque unanime, et dont on imagine que ce ne sont pas les positions en matière de politique européenne qui l’ont conduit à soutenir Sarkozy.
Le reste du projet européen sarkoziste reste à l’avenant d’une posture, voire d’une imposture, européenne. Quel est le rôle que l’Europe devrait avoir sur la scène mondiale ? On rêverait du candidat gaulliste aux accents d’un Malraux, l’Europe n’est elle-même que s’adressant au monde… Silence radio. Faire avancer l’Europe par l’impulsion de petits groupes ? Bonjour l’Europe à plusieurs vitesses. Et en kit. Comme si les deux n’existaient pas déjà. Bref, devant un tel enthousiasme programmatique, l’électeur reste sur sa faim et l’Europe peut bien rester sur sa fin.
Stephen Bunard est vice-président France de l’Association des Journalistes Européens – www.ajefrance.com
Commentaires
Comment peut-on vouloir régler tous les problèmes en ne parlant que de la Nation et défendre l'Europe en même temps ? C'est pourtant ce que prétend Nicolas Sarkozy. Quel est le Ministre qui n'a pas assisté à un seul conseil européen en 2006, et notamment ceux qui relevaient de sa compétence ? réponse : le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Qui affirme que des ministères de l'identité nationale existent un peu partout en Europe alors que c'est totalement faux ? Nicolas Sarkozy. Mais qui sont donc ces électeurs qui croient que Sarkozy est un Européen convaincu ?
Commentaire n° 1 posté par: watrin(site web) le 20/03/2007 - 19:15:27
Ne manquez pas ces échanges savoureux autour de cet édito :
http://www.europeplusnet.info/article662.html
http://www.europeplusnet.info/article662.html
Commentaire n° 2 posté par: EPN le 05/04/2007 - 11:38:51
Nicolas Sarkozy sera le président de TOUS les Français et je pense que vous serez surpris de son aptitude à remettre l'Europe sur les rails rapidement et efficacement et de ses qualités de dialogue et d'écoute même avec les gens qui ne partagent pas son opinion.
Guy
Guy
Commentaire n° 3 posté par: Guy Pelletier le 07/05/2007 - 19:49:52
Bah, votre édito n'est pas si méchant, kouchner et d'autres à gauche ont tenu des propos plus virulents et ils se retrouvent au gouvernement. Je suis même sûre qu'on va vous contacter pour vous offrir une super place dans un ministère ou ailleurs... Hé oui il est comme ça Sarko 1er avec les journalistes, ils finissent tous par l'aimer, forcément... ;-)
Commentaire n° 4 posté par: Kate le 31/05/2007 - 18:44:47
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