L’Europe ne se décide pas qu’à Bruxelles, à Paris, à Berlin ou à Londres. Elle se construit jour après jour dans la vie quotidienne des citoyens qui se déplacent, travaillent, entreprennent ou se distraient.
Les citoyens des zones transfrontalières sont en pointe de cette évolution. Proches d’une frontière, ils sont, plus que d’autres, confrontés aux difficultés des échanges. Mais ils bénéficient aussi des opportunités commerciales, fiscales et sociales des pays voisins. Les GECT (groupements européens de coopération territoriale) ont été adoptés par le Conseil européens pour permettre la création de véritables intercommunales transfrontalières, et pour faciliter la collaboration entre collectivités locales soumises à des lois et des obligations différentes.
Les journalistes doivent accompagner ce mouvement. Trop souvent leurs enquêtes s’arrêtent aux limites du cadre nationale quand les faits : accidents, crises, événements culturels, développement économique et social débordent largement ce cadre. Pour cette raison les sections française et belge de l’AJE et l’AJE internationale ont organisé, grâce au programme Interreg IV, un microprojet d’échanges entre journalistes. Avec l’aide du Comité des régions etet de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai elles ont invité les11 et 12 mai 2011 une quinzaine de journalistes membres des sections de l’AJE à deux jours de rencontres et de discussions sur le thème des « mobilités transfrontières ».
A Bruxelles dans un premier temps, au siège du Comité des régions d’Europe puis à Lille, ils ont découvert les « petites Europe » qui se mettent en place par les collaborations entre régions et collectivités proches pour créer un territoire unique.
Si les frontières physiques ont disparu il en subsiste d’autres invisibles, juridiques, réglementaires, tarifaires qui entravent la liberté de mouvement des citoyens. Les réseaux de transport, conçus dans une vision nationale se tournent le dos et ne se coordonnent pas alors que la mobilité moderne impliquerait que le passage d’un pays à l’autre, pour ses courses, pour travailler et se soigner devienne aussi simple que n’importe quel déplacement.
A bout de ces deux jours où l’Europe a existé sous une forme concrète, les journalistes présents à cette session ont décidé de constituer au sein de l’AEJ internationale un réseau entre journalistes intéressés par les questions transfrontalières pour échanger les idées, les expériences et les connaissances.
Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer