Ordu, jolie ville des bords de la mer Noire en Turquie a accueilli le 48éme congrès de l’AEJ (association of european journalists), la structure internationale qui regroupe les associations des journalistes européens, dont la section française de l’AJE est membre. L’AEJ a élu à l’unanimité une nouvelle présidente, l’irlandaise Eileen Dunne (au centre sur la photo ci-dessous) qui remplace Diego Carcedo, démissionnaire. Secrétaire de la section irlandaise de l'AEJ, journaliste à la télévision publique RTE, elle est la première femme à occuper cette fonction en 50 années d'existence de l'AEJ.
Le congrès était organisé par la section turque de l’AJE, son président Dogan TILIC et de très nombreux collègues turcs. Il a permis de renouveler le bureau de l’association internationale. Au coté de la présidente Eileen Dunne (au centre de la photo) figurent trois vice-présidents, de gauche à droite : Javier F. Arribas (Espagne), Saia Tsaousidou (Grèce), Peter Kramer (Belgique) - secrétaire général- , et Dogan Tilic (Turquie). Le trésorier est Luigi Cobisi (Italie).
L’assemblée générale a été l’occasion pour William Horsley (photo), secrétaire de la section britannique et représentant de l'AEJ auprès du Conseil de l'Europe, d’aborder la question de la
liberté de la presse en Europe. Le rapport présenté par l’AEJ sur base des rapports nationaux fait état de nombreux progrès et le Conseil de l’Europe a pris plusieurs résolutions favorables à la
liberté de la presse et aussi à la protection des sources pour les journalistes. Mais la situation reste préoccupante dans plusieurs pays. C’est le cas en Serbie et en Biélorussie ou les
journalistes rencontrent encore souvent de nombreux problèmes. En Turquie plus de 40 journalistes sont encore emprisonnés et la loi a renforcé les sanctions. Le congrès a approuvé et soutenu la
démarche des journalistes turcs qui ont lancé une pétition pour la défense de leurs collègues.
Les pays occidentaux ne sont pas épargnés. Des cas d’atteinte en France et aux Pays Bas ont été cités et une motion a été approuvée en faveur de collègues autrichiens poursuivis par la justice
allemande pour avoir rendus publics des éléments de l’instruction d’une affaire criminelle, alors que ces faits ne sont pas punissables selon la loi autrichienne.
Au nom de la section française, Régis Verley a rappelé la situation en France, notamment le procès du Monde pour l’accès aux sources d’un de ses journalistes. Il a souligné combien, dans le cas
d’atteinte aux droits des journalistes, la pression internationale était importante. Les rapports de l’AJE sur « la liberté de la presse en Europe » doivent être valorisés et il a été décidé que
chaque section nationale s’efforcerait d’installer une page spéciale consacrée à ces rapports sur son site web. L’association internationale va collaborer avec le Conseil de l’Europe pour
développer une base de données sur les cas d’atteinte à la liberté de la presse et cette action doit être relayée auprès de tous les journalistes adhérents à l’association et au-delà.
Le tourisme était aussi un des sujets à l’ordre du jour du congrès. Des responsables du tourisme turc sont ainsi venus expliquer quels efforts ils avaient entrepris pour modifier l’image de la Turquie auprès de ses nombreux visiteurs. (photo : cabanes de pêcheurs sur la mer Noire à Ordu, Tibor Maçak). Les médias et les journalistes, en ce qu’ils valorisent les qualités et les spécificités des pays, contribuent à rapprocher les peuples et à apaiser les tensions. Andro VLAHUSIK, maire de Dubrovnik, a raconté comment le développement du tourisme avait contribué au rayonnement de sa ville dans une situation de conflit.
Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer