24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 10:19

AJE-Interne-0364.JPGFlorence Autret est une vétérane du journalisme européen, qui connait Bruxelles comme sa poche et qui en décode les enjeux économiques. En 2011, sa série de 12 articles   « Terminus pour l’Euro » publiée dans Le Monde sous pseudo avait fait grincer bien des dents de politiques et de banquiers. On sait moins qu’elle a acquis une connaissance pointue de l’Allemagne à l’ambassade de France à Bonn dans les années 90 comme attachée commerciale.


La première partie de son dernier livre suit le parcours d’Angela Kasner, cette fille de pasteur qui se doit d’allier discrétion et excellence dans une Allemagne de l’Est qui la suit avec méfiance. Son père déconcerte, étant l’un des rares à être passé à l’Est en 1954, une époque où les Allemands filaient plutôt vers l’Ouest. Horst Kasner, ce père qui, malgré son activité religieuse, parvient à garder de bonnes relations avec le pouvoir communiste. Cette période ressurgit d’ailleurs ces derniers jours dans les médias allemands, qui s’interrogent sur le degré de collaboration entre Angela et le système politique de la RDA.


Connaître le parcours d’Angela Merkel est utile au lecteur français qui veut mieux connaître sa logique politique. Car la formation scientifique de la chancelière tranche avec les profils traditionnels des politiques européens. Sa prise de pouvoir au sein de la CDU, la rupture avec Helmut Kohl, montrent combien ses adversaires et parfois ses alliés l’ont sous-estimée et comment elle se montre une tacticienne redoutable.

On sent Florence Autret plus à l’aise dans l’écriture de la seconde partie de son ouvrage, consacrée à la crise financière de la zone euro. Ayant personnellement suivie cette période pour l’Agefi et La Tribune, les anecdotes et le regard se font plus acérés. Les relations avec Nicolas Sarkozy, la lente reconstruction du lien franco-allemand après le choc du "Non" au référendum de 2005, sont décrits avec nuance. La révélation des mensonges grecs sur la situation économique de leur pays, conduisant l’Europe dans la crise la plus grave depuis son élaboration, prend Angela Merkel par surprise. Elle, si prudente et planificatrice, se retrouve complice de fait de l’inaction européenne, avec un Bundestag et une cour constitutionnelle qui veillent attentivement sur la légalité des ses moindres actes.

Ce livre prend le recul nécessaire, sur celle qui est aussi régulièrement désignée comme « femme la plus puissante du monde », et qui se voit aujourd’hui caricaturée sous les traits d’un Hitler féminin, d’une mère-la-rigueur d’une Europe qui préfère de loin vivre au-dessus de ses moyens.

Angela Merkel, une Allemande (presque) comme les autres
Ed. Taillandier, 20.90€

 

 

Fabrice Pozzoli-Montenay

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 09:30

La chute du gouvernement néerlandais samedi 21 avril est peut-être un mauvais développement pour le Plat-pays mais pourrait s'avérer de bon augure pour le candidat socialiste à la présidence française. 

 

Après sept semaines de négociations à huis clos pour trouver un plan d’austérité de 16 milliards d’euros, le leader populiste Geert Wilders a claqué la porte samedi de la fragile coalition de droite à tendance xénophobe. Au pouvoir depuis octobre 2010, le gouvernement néerlandais avait, comme lourde tâche, d’équilibrer les comptes du pays sévèrement dégradés.

 

Avec cette nouvelle crise politique, il est quasiment acté que les Pays- Bas ne respecterons pas les engagements pris auprès de leurs partenaires européens. C’est assez ironique. Les Néerlandais furent les plus fermes vis-à-vis de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, ces "mangeurs d’ail" incapables de faire le ménage dans leur économie. Officiellement en récession, les Pays-Bas n’ont plus de leçons à donner aux autres. L’arroseur arrosé. 

 

Les Néerlandais iront aux urnes juste avant ou juste après l’été. Et les résultats de ce scrutin pourraient profondément changer le paysage politique européen. Le nouveau leader du PvdA, le parti travailliste, Diederik Samsom (40 ans, un bébé comparé à l'âge des politiques français) jouera un rôle clé. Un autre parti pourrait également avoir sa place dans la coalition : le SP. Situé à gauche du PvdA, ce parti eurosceptique, comparable au Front de Gauche de Mélenchon, est en forte progression. Il se pourrait donc que le prochain Premier ministre néerlandais soit de la même couleur politique que le nouveau président français. 

 

Mais quel rapport entre cette actualité politique batave et l'élection présidentielle française ? C'est simple : depuis la crise de l’euro, la politique ‘nationale’ d’un pays-membre, influence plus ou moins directement la politique d’un autre état-membre. Si elles sont décidées conjointement, les règles budgétaires restent ‘dictées’ par l’Europe. Autrement dit : ce qu’il se passe à Bruxelles détermine ce qui se passe dans la politique nationale. Voilà une réalité dont devraient tenir compte les 44,5 millions de Français appelés aux urnes. 

 

La donne à la table du Conseil risque de changer. Avec notamment la fin de la ligne dure des Néerlandais à Bruxelles. Comme François Hollande, les travaillistes néerlandais souhaitent renégocier le nouveau traité du 1er mars dernier. Objectif : moins d’austérité, davantage de social et un peu plus de temps pour équilibrer les comptes. De quoi faciliter la tâche du probable futur président français d’imposer des reformes à ses citoyens. La crise politique néerlandaise à la veille de l’élection présidentielle est de bon augure pour les Socialistes européens. L'avenir nous dira si c'est également une bonne nouvelle pour les 500 millions Européens…

 

Stefan de Vries, (Européen, né aux Pays-Bas) habite à Paris depuis 1999 et travaille actuellement pour les médias néerlandais BNR Nieuwsradio et RTL Nieuws.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 12:28

Après une année 2011 qui a vu s’enchainer les sommets européens de « la dernière chance », les incantations apocalyptiques sur la fin de la zone euro se multiplier dans les pages « opinions », un hybride « Merkozy » être présenté comme le couple dirigeant l’Europe, le cycle de l’actualité devrait nous laisser respirer quelque peu.

Je vais profiter de cette nouvelle année pour chanter les louanges du journaliste européen, cet objet non-identifié des rédactions nationales.


Ce journaliste européen, donc,  est doué de multiples qualités. Il sait travailler en équipe, en synergie avec d’autres membres de la rédaction. Une attitude pas si courante en France. Il est curieux, attentif, rigoureux dans le choix des termes. Il montre une forte capacité à nouer des contacts dans divers pays, pour multiplier les sources locales. Gros utilisateur des réseaux sociaux, il est parfaitement à l’aise avec l’informatique et son impact sociétal. Il peut être sur le terrain, multipliant les reportages, les enquêtes pour faire vivre cette Europe considérée si froide par tant de rédacteurs en chef. Il ramène du son, de l’image, des musiques, des portraits, des goûts,  les fondements de cette « identité européenne » tant recherchée.

Il y a celui qui ne couvre que les affaires institutionnelles, souvent basé à Bruxelles ou habitué du Thalys. Il se délecte des délibérations du Conseil, des propositions de la Commission, des débats du Parlement européen. Proche du service politique, il sait faire la passerelle avec la diplomatie si prisée par le service étranger.

Il y a celui qui traite d’un domaine particulier, dans lequel la dimension européenne est incontournable : agriculture, énergie, immigration, banques, droit, fiscalité. A partir d’un dossier souvent technique, il arrive à ouvrir des perspectives économiques et politiques.

Et je n’hésite pas à le présenter comme un modèle professionnel : le  journaliste européen est réactif, collaboratif, souple, transversal, cultivé, respectueux des autres, critique, multilingue, multi-tâches, souvent multi-média.

Pour 2012, nous aurons à exister entre les élections présidentielles françaises, les crises arabes et l’élection américaine. La tempête de la zone euro semble s’apaiser doucement, et laisser la place et des années de politiques d’austérité. Cela ne rendra pas « les fonctionnaires de Bruxelles » plus sympathiques aux yeux des rédactions et de nos lecteurs. Mais, comme le montre la création récente du supplément Europa du Monde, la demande d’information, de décryptage, d’éclairage va croissant.

 

La section française de l’association des journalistes européens est là pour vous permettre de prendre une place durable dans le paysage médiatique français, et de faire du « journalisme européen paresseux » un objet du passé. L’extraordinaire qualité des membres de cette association, leur diversité, leur ténacité face à l’ignorance crasse de certains m’incite à l’optimisme quant à l’avenir de la presse française. Il faut faire savoir aux jeunes journalistes que l’Europe peut être une porte d’entrée dans le monde du journalisme.  

Oui, je chante nos louanges, car si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place.

 

Bonne année 2012 à tous et toutes !

 

Fabrice Pozzoli-Montenay
secrétaire de l'association des journalistes européens

www.ajefrance.com

https://www.facebook.com/groups/AJEFrance/

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 15:03

Cette question, elle fut déjà abordée avec mon confrère (et néanmoins ami), LB2S dans un texte à quatre mains en décembre 2010: « pourquoi être journaliste européen ? »


Nous écrivions et contre-argumentions le fait qu’ « aux yeux de beaucoup, nous sommes ses complices [de l'Europe] camouflés sous une carte de presse ».

Cela s’est encore vérifié dernièrement. Personne ne nous lit ou quoi ?

 La semaine dernière, alors que je prenais une bière avec une jeune journaliste en provenance de Paris, elle m’expliqua que lors de son passage dans la rédaction d’un grand quotidien français on lui déclara: « Nous n’avons pas de journalistes à Bruxelles. Si besoin, nous envoyons quelqu’un, même si nous n’avons pas d’experts en la matière. Le problème avec ceux de Bruxelles, c’est qu’ils sont trop imprégnés du milieu. Ce sont des eurocrates ».

Je me suis retenu d’hurler. Pour compenser, j’ai du me plonger dans ma Jupi.

Comment leur expliquer ? Comment arriver à expliquer que ce n’est pas parce qu’un journaliste travaille sur les Affaires européennes, qu’il en devient forcément un rouage, un partisan ?

Mes premiers écrits journalistiques sur l’UE date de 2007. Euractiv, cafebabel, puis le monde magique de la pige, entre Bruxelles et Paris. En avril prochain, je fêterai les quatre ans. Malgré ces années, je n’ai jamais oublié d’où je viens: la Presse Quotidienne Régionale. Quatre autre années à bouffer du local. Le pire, c’est que j’en suis fier de ce Courrier de l’Ouest. Et qu’on le veuille ou non, dans le fond, le public est toujours le même : le citoyen.

Lorsque j’écris pour la presse spécialisée, bien sûr que je me permets d’utiliser le vocabulaire européen qui va avec. Vas-y que je me lâche. Pif paf pouf. Un journaliste n’est-il pas censé savoir s’adapter à son public ?

C’est donc tout aussi logiquement que lorsque je m’adresse à une audience plus large, je modifie mon style et fait en sorte d’être compréhensible par tous.

J’ai alors une méthode infaillible et qui se résume en une question: est-ce que ma mère comprendrait ? J’entretiens de très bonnes relations avec ma maman, mais il faut savoir que l’UE ce n’est pas son dada (même si elle a fait beaucoup de progrès). Il m’est même déjà arrivé de l’appeler pour le demander: maman, si j’écris ça, tu comprends ? Imparable.

Nota bene: D’ailleurs, si à la Commission, ils pouvaient se poser la même question avant de nous pondre des stratégies de communication vers le citoyen, ça serait sympa. Ça éviterait les boulettes à 2 millions d’euros. Les fonctionnaires européens, ils ont bien une maman comme tout le monde non ?

Bon retournons vers notre sujet premier. Les journalisto-eurocrates de Bruxelles.

Vendredi 4 février, je couvrais le Conseil européen pour myeurop.info. Celui où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé que l’ordre du jour sur l’énergie et l’innovation ne leurs plaisait pas et qu’ils préféraient parler « gouvernance économique ». Grosse ambiance. Alors que la conférence de presse finale était prévue pour 17h, nous poireautions toujours à 20h…Bref, à un moment donné, dans mon article, je commence à écrire « méthode communautaire ». Stoooooop.

Est-ce que cela serait compréhensible par ma mère ? Réponse évidente: non.

Dans le ghetto européen, tout le monde connait (et limite vénère) ce terme, mais quand je gratte des bafouilles pour myeurop.info, ce n’est pas eux à qui je m’adresse. Même si c’est encore une publication discrète, en phase de développement, je sais que sa cible, c’est un public large. Du coup, hop, on change. Petit coup de blanco sur mon ordinateur pour changer le terme et expliquer que dans la réforme de la gouvernance économique, les pays de la zone euro veulent privilégier des négociations entre les États membres, en squeezant passablement les institutions européennes.


Pas plus compliqué que cela et sans prendre non plus mon lecteur pour un demeuré.

Honnêtement, ils pensent quoi les journalistes à Paris ? Que nous sommes totalement déconnectés de la réalité et que nous dînons avec Barosso tous les midis (oui, en Belgique, on déjeune le matin et on dîne à midi…Belgitude) à la cantine de la Commission ?

Personnellement, je prends un malin plaisir à retourner régulièrement à Paris, dans le Maine-et-Loire ou ailleurs pour me sortir de la tête du monde bruxellois, dans lequel je me retrouve très peu. Il est  mon fond de commerce, ma spécialité, mon champ d’action mais je m’efforce de faire la part des choses.

Tout ça pour dire que flûte (je reste poli) ! Il faut arrêter avec ça. Nous ne sommes pas des « prêtres de l’Europe » comme l’a lancé Eric Zemmour au sujet de Jean Quatremer (absent) lors de l’émission « On n’est pas couché » du 5 février dernier. Nous ne sommes pas là pour défendre l’UE. Nous sommes là pour en parler. Désolé si cela contrecarre les stéréotypes existants et idées préconçues mais les choses sont rarement aussi simples qu’elles en ont l’air. Et le métier de journaliste, c’est justement de taper dedans.

Ami rédacteur en chef n’ait pas peur de nous !

 

article de Jean-Sébastien Lefebvre

republié avec son aimable autorisation depuis son excellent blog "L'expérience européenne"

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 19:01

Publication de Reporters Sans Frontières

http://www.la-clau.net/imatges/noticia/stephane_taponier_herve_ghesquiere_france_3_la_clau.jpgLundi 25 octobre 2010, cela fera 300 jours que Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été enlevés en Afghanistan, avec leurs trois accompagnateurs, alors qu’ils réalisaient un reportage pour le magazine Pièces à conviction sur France 3. France Télévisions, avec le Comité de soutien et Reporters sans frontières, organisent un concert exceptionnel de solidarité gratuit au Zénith de Paris, retransmis en direct sur France 3 à partir de 20h35. Le concert événement est relayé par RFI et TV5 Monde Radio France Internationale retransmet la soirée en FM à Kaboul (89.5 FM).

Dès 18h, France 3 propose aussi en direct une émission spéciale animée par Laurent Bignolas en co-animation avec Nathalie Amar (journaliste rédaction en français) et Farid Fatemi (journaliste rédaction en persan) de RFI, depuis les coulisses du Zénith avec les derniers préparatifs du concert, des reportages de la rédaction et qui, au-delà des frontières, parle de liberté. L’émission est traduite simultanément dans les langues parlées en Afghanistan, pachtou et dari (farsi) et retransmise sur liberezles.net et sur le site Internet de RFI.

Les places du concert sont à retirer dans toutes les FNAC (dans la limite de 4 places par personne).

Programmation : AaRON, Jean-Louis Aubert, Chimène Badi, Amel Bent, BB Brunes, Ben l’Oncle Soul, Calogero, Christophe, Camélia Jordana, Cock Robin, Empyr, Grand Corps Malade, Guillaume Grand, Grégoire, I AM , Joyce Jonathan, Judith, Bernard Lavilliers, Renan Luce, Christophe Maé, Pony Pony Run Run, Raphaël, Véronique Sanson, Shy’m, Soprano, Alain Souchon, Stromae, Zazie...

 

Le comité de soutien : www.soutienherveetstephane.org

Signez la pétition de Reporters sans frontières

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 13:18

L'Europe et les Roms : si les pays de l’Est éprouvent les pires difficultés pour intégrer les Roms, l’Ouest se révèle aujourd’hui tout aussi impuissant. Après un été où les Roms sont devenus l’enjeu d’une politique sécuritaire et le sujet d’une déclaration du Parlement européen, avec l’arrêt immédiat des expulsions collectives, la question demeure : qui sont-ils réellement et comment agir correctement envers eux ?

Les Roms ne sont pas tous identiques et les réponses devraient être, elles aussi, multiples et individualisées. Certes, la plupart des Roms viennent de Roumanie. Mais, parmi eux, il y a ceux qui mendient dans le métro des capitales, les pickpockets, mais aussi des musiciens, des artistes et même quelques eurodéputés… Leur histoire, parfois lourde du handicap des discriminations et des obstacles, commence quelque part au temps du régime communiste dans les pays de l’Est. Les Roms étaient alors tenus à la sédentarisation, ils devaient avoir un travail (dans les usines ou dans les fermes agricoles collectives), leurs enfants suivaient une scolarité presque complète. Marian, l’enfant rom de la seule classe primaire de la commune d’Ozun, au centre de la Transylvanie, rageait quand la maîtresse lui disait de venir propre à l’école, mais il faisait de son mieux… Peter, au collège de la ville de Saint-Georges, dégageait un charme discret quand il parlait le français, et Pal disait déjà à l’époque qu’il deviendrait boulanger. Il l’est aujourd’hui, comme ses quatre enfants.

La chute du communisme, dans les années 1990, a mis fin à cette contrainte et a jeté la population d’origine tsigane dans la plus grande pauvreté. Le choc fut rude pour toute la population roumaine. Mais si pour les uns l’adaptation douloureuse au libre marché et à la concurrence a fini par payer, via l’adhésion à l’Union européenne, en 2007, pour les autres, le retour au nomadisme et le manque de services sociaux ont été catastrophiques.

Murs de la honte

Les enfants roms fréquentent encore l’école, mais seulement jusqu’au collège. Dès douze ou treize ans, ils disparaissent des classes : les filles sont mariées contre leur gré par leurs parents. Incitées à faire rapidement des enfants, elles se retrouvent quelques années plus tard à mendier dans les rues, tandis que les garçons sont envoyés « au travail » ou parfois contraints d’apprendre à voler. Ceux qui réussissent à sortir de ce cercle vicieux sont peu nombreux et y parviennent au prix de sacrifices inimaginables. Ils doivent lutter à la fois contre les mentalités féodales de leur clan, mais aussi contre les idées préconçues de la société roumaine. Quand ils arrivent enfin à gravir quelques échelons de la pyramide sociale, ils renient, la plupart du temps, leurs origines. En Roumanie, comme un peu partout en Europe de l’Est, si on ne vit plus avec le spectre du mur de Berlin, on doit faire avec la honte de découvrir les murs érigés par des villageois qui essayent de se prémunir contre ceux qui sont accusés de voler leurs provisions ou leurs biens. La pauvreté du pays a engendré et nourri la délinquance, et les Roms ont envahi les trottoirs du pays.

Après 2003, année qui a vu s’ouvrir officiellement les portes de l’espace Schengen, l’Europe occidentale s’est retrouvée dans une position étrange : d’un côté, condamner l’attitude parfois xénophobe des autorités roumaines, bulgares, hongroises, tchèques, pays où vivent la plus grande majorité des Roms européens, mais aussi accueillir, tant bien que mal, ces nouvelles vagues de migrants nomades. Sept ans après l’ouverture des frontières, le problème demeure entier. Certains mendient dans les riches artères des villes de l’Ouest, tandis que d’autres les exploitent et vivent confortablement en Roumanie. L’intégration des Roms émigrés n’a pas réussi, c’est une évidence.

Les pays d’Europe de l’Ouest se sont rendu compte brutalement que l’attitude des autorités des gouvernements de l’Est n’était pas seule responsable du problème. Mais qu’il s’agissait bien là de styles de vie différents, de valeurs culturelles et de l’identité d’un peuple pour qui la liberté, l’existence sans attaches territoriales et la justice d’un tribunal tenu par les anciens comptent plus que les règles de droit des États modernes.

Archaïsmes

Comme jadis dans les pays de l’Est, les Roms sont aujourd’hui victimes à l’Ouest de discriminations. Les lois en vigueur dans des pays comme la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne ne permettent pas aux Roumains un accès libre au marché du travail avant 2014. Pour survivre et s’installer dans les pays de l’Ouest, il leur faut trouver non seulement du courage, mais aussi une écoute attentive. Sur un tout autre plan, la France ne devrait peut-être pas, non plus, oublier de consulter les pays qui font face depuis des années à cette difficile intégration des Roms... Même si la véritable solution ne peut venir que de l’évolution d’une culture rom encore trop marquée par ses archaïsmes.

Iulia Badea Guéritée
correspondante du l'hebdomadaire Réforme et journaliste à Presseurop

Article publié avec l'aimable autorisation de "Réforme".

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 18:07

http://s2.e-monsite.com/2010/05/17/09/resize_550_550//Otages-ruban-01-1024-2.jpg

 

Nos confrères de France 3 Hervé et Stéphane et leurs trois accompagnateurs Reza, Ghulam et Satar ont été enlevés en Afghanistan. Ils se sont rendus dans ce pays en guerre missionnés par France télévision pour « faire leur travail de journalistes».

Aguerris depuis 20 ans au grand reportage, Hervé et Stéphane terminaient une enquête de plus de trois semaines auprès de l'armée française engagée sur place et de la population afghane. 100 jours, c'est long. Trop long.

Le reportage dans un pays en guerre n'est jamais sans risque. Il faut aller au plus près des combattants et des populations civiles pour comprendre les motivations de chaque camp, évaluer les tensions pour restituer la complexité politique et la douleur humaine.

C'est la noblesse du journalisme et la garantie d'une information indépendante que de continuer à couvrir des zones de conflits malgré les dangers. C'est le prix de la liberté de la presse, une valeur fondamentale que nous partageons tous. D'autres journalistes d'autres pays sont retenus en otage dans le monde. C'est l'honneur de la profession, des gouvernements et des opinions publiques de tout faire pour les libérer.

 

http://www.liberezles.net/

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:23

En récompensant une enquête financée par l’organisation new-yorkaise sans but lucratif, le jury du plus prestigieux prix de journalisme invite le secteur à repenser son business model, en particulier s’agissant d’investigation. La logique de rentabilité, surtout en cette période de crise, a des limites.

ProPublica, l’organisation new-yorkaise sans but lucratif pilotée par l’ancien du WSJ Paul Steiger, remporte un prix Pulitzer ! Les forçats de l’info se sont fait une joie de copier/coller l’information toute la journée d’hier. Les 968 articles sur le sujet le répètent à l’envie : pour la première fois, un article écrit pour le web remporte le glorieux prix (voir chez LCI et France Info pour des exemples). Seul Pierre Haski relève le niveau sur Rue89.

 

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En réalité, ce Pulitzer n’est pas la première récompense reçue par un site web.

Le jury avait déjà trempé ses orteils dans le bain de l’info en ligne. Bien qu’étant composé à 95% de gros bonnets du journalisme traditionnel (le rédac chef de Politico est l’exception), ils avaient déjà salué la couverture en ligne du Times-Picayunes lors de l’ouragan Katrina en 2005. L’année dernière, ils ont également récompensé le Saint-Petersburg Times pour PolitiFact, une application qui détermine le degré de vérité des déclarations des politiques.

Une reconnaissance pour les nouveaux modèles de l’info ?

Avec un Pulitzer 2010 à ProPublicac’est la première fois qu’un média explicitement “non-profit” monte au sommet du journalisme mondial. Le message qu’a voulu envoyer le jury cette année est sans équivoque : en période de crise des vieux modèles économiques, le journalisme d’investigation ne peut se baser seulement sur des logiques de profit et de recherche de l’audience à tout prix.

Les médias financés par des mécènes font désormais officiellement jeu égal avec les entreprises traditionnelles. Philippe Couve le rappelait la semaine dernière, l’information n’a jamais été un produit commercialement viable. Jacques Rosselin, fondateur de Courrier International, en rajoute une couche. Citant Alain Minc, il compare le journalisme à de la haute-couture, “activité non rentable financée par les parfums et produit dérivés”.

Dans leur expérience du for-profit, les médias ont déjà exploré plusieurs pistes, des services Minitel à l’organisation de conférences pour la presse professionnelle. Rosselin cite l’exemple de CityzenTV, une télé locale caennaise financée par les recettes du bar dans lequel elle était implantée. Sans que ça le choque pour autant : “Après tout, un bistro, un site local, une télé local ou un journal local jouent tous le même rôle de lien social non ?”

Les limites du non-profit

Eric Scherer, directeur de la stratégie de l’AFP, revient sur les limites du non-profit. Pour lui, la déconnexion entre publicité et journalisme survenue sur le web pousse les producteurs de contenus à chercher de nouvelles sources de revenus. Si le non-profit se développe aux US, avec Spot.usTexas TribuneMinnPost, entre autres, ça n’est pas la solution à tout. D’autant plus que la culture du mécénat n’existe pas en France.

Scherer met le doigt sur un autre problème du journalisme non-profit : le journalisme orienté. De plus en plus d’ONG se lancent dans l’investigation pour combler le manque de moyens de la presse traditionnelle (voir le dossier du Nieman Labs sur le sujet). Pas sûr cependant qu’elles n’apportent pas plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. En effet, ProPublica et consorts restent les héritier d’une certaine tradition d’objectivité quand Greenpeace ou Amnesty International cherchent à faire passer un message.

Les systèmes hybrides, se finançant via des subventions ou des dons directs de leur audience, semblent plus prometteurs aux yeux de Scherer.

Non-profit mais pas sans le sou !

Toujours aux États-Unis, c’est la Fondation Knight qui est à la pointe du soutien au journalisme innovant, en particulier avec les Knight News Challenge, des prix annuels pour un montant de 5 millions de dollars dont les gagnants seront annoncés au mois de juin prochain.

Cette évolution ne laissait que peu de doutes sur le nom du vainqueur 2010, deviné fin mars par Editor&Publisher. Face à ce mouvement de fond vers le web et le non-profit, le prix de l’université de Columbia ne pouvait rester en marge. Dorénavant, l’Europe non plus ne pourra pas durablement ignorer ce glissement vers le non-profit…

ProPublica a été créé en 2007 par le milliardaire américain Herbert M. Sandler qui l’a dotée d’un budget annuel de 10 millions de dollars. Le budget courant est financé par des mécènes plus modestes. Les dons s’élèvent en moyenne à 66.000 euros par donateur, d’après les calculs d’Alan Mutter.

D’après les documents fiscaux de ProPublica, les journalistes sont payés un peu plus de 60 000 dollars par an. Un peu moins de 3 700 euros bruts par mois. Un salaire relativement correct en temps de crise du journalisme. Pas étonnant qu’ils soient en mesure de sortir plus de Pulitzer que leurs homologues de Seed, le programme de sauvetage du journalisme d’AOL. Là bas, les piges sont payées 50 dollars. et l’optique semble demeurer la vente de pixels publicitaires.

Dans la même veine, Owni, le média social consacré aux sujets de société,  pouvoirs et culture numérique, s’achemine vers un développement explicitement non-profit (fonds de dotation européen, association des éditeurs…) .

 

Article publié originalement sur le site Owni.fr par Nicolas Kayser-Bril le 13 avril 2010 et reproduit avec leur aimable autorisation.

A contribué : Adriano Farano.

Disclosure: Adriano était dans le jury des Knight News Challenge cette année

 


Lien vers l'article original :

http://owni.fr/2010/04/13/propublica-remporte-un-pulitzer-la-fin-de-lhypocrisie-dune-linformation-for-profit/

 


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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 12:30

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

POUR LES 100 JOURS DE DÉTENTION D'HERVÉ ET STÉPHANE ET LEURS TROIS ACCOMPAGNATEURS



n433224370112_8420.jpgLe 8 avril, cela fera 100 jours que nos confrères de France 3 Hervé et Stéphane et leurs trois accompagnateurs Reza, Ghulam et Satar ont été enlevés en Afghanistan. Ils se sont rendus dans ce pays en guerre missionnés par France télévision pour « faire leur travail de journalistes». Aguerris depuis 20 ans au grand reportage, Hervé et Stéphane terminaient une enquête de plus de trois semaines auprès de l'armée française engagée sur place et de la population afghane. 100 jours, c'est long. Trop long.

Le reportage dans un pays en guerre n'est jamais sans risque. Il faut aller au plus près des combattants et des populations civiles pour comprendre les motivations de chaque camp, évaluer les tensions pour restituer la complexité politique et la douleur humaine.

C'est la noblesse du journalisme et la garantie d'une information indépendante que de continuer à couvrir des zones de conflits malgré les dangers. C'est le prix de la liberté de la presse, une valeur fondamentale que nous partageons tous. D'autres journalistes d'autres pays sont retenus en otage dans le monde. C'est l'honneur de la profession, des gouvernements et des opinions publiques de tout faire pour les libérer.



Ont signé à ce jour ce communiqué de soutien et de mobilisation



Morad AIT ABOUCHE
Philippe ALEXANDRE
Patricia ALLEMONIERE
Jean-Michel APHATIE
Julien ARNAUD
Florence AUBENAS
Christophe BARBIER
Anne BARRERE
Claire BARSACQ
Laurent BAZIN
Loïc BERROU
Laurent BIGNOLAS
Jean-Jacques BOURDIN
Hervé BRUSINI
Emmanuel CHAIN
Claire CHAZAL
Ariane CHEMIN
Guilaine CHENU
Christian CHESNOT
Tony COMITI
Laurent DELAHOUSSE
Nicolas DEMORAND
Grégoire DENIAU
Jean-Pierre DENIS
Michel DENISOT
Raymond DEPARDON
Marie DRUCKER
Charles ENDERLIN
Samuel ETIENNE
Laurence FERRARI
Michel FIELD
Marc Olivier FOGIEL
Patrick FORESTIER
Alain GENESTAR
Christian GERIN
Jean-Claude GUILLEBAUD
Arnaud Hamelin
Jean HATZFELD
Christophe HONDELATTE
Françoise JOLY
Jean-Paul KAUFFMANN
Tina KIEFER
Jean-Christophe KLOTZ
Jean LACOUTURE
Louis LAFORGE
Guy LAGACHE
Bernard LANGLOIS
John Paul LEPERS
Manon LOIZEAU
Elise LUCET
Jean-Paul MARI
Alain MINGAM
Serge MOATI
Nelson MONFORT
Paul MOREIRA
Bernard NICOLAS
Jean-Louis NORMANDIN
Denis OLIVENNES
Vincent PARIZOT
Michel PEYRARD
Edwy PLENEL
Patrick POIVRE d'ARVOR
David PUJADAS
Audrey PULVAR
Philippe ROCHOT
Harry ROSELMACK
Patrick de SAINT EXUPERY
Henri SANNIER
Daniel SCHNEIDERMAN
Michel SCOTT
Marc SEMO
Maurice SZAFRAN
Mélissa THEURIAU
Bernard de la VILLARDIERE

La section française de l'association des journalistes européens se joint à cette initiative, et a évoqué la situation des prisonniers ce matin avec M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 13:47
A l'occasion des célébrations des 20 ans de la chute du Mur de Berlin, l'AJE publie une série sur le thème "Non, les murs ne sont pas tombés en Europe". Première contribution de Philippe Perchoc, président de Nouvelle Europe  (voir l'article original).


L'Europe ne semble pas en avoir fini avec ses murs. Alors que celui-ci a été pendant 40 ans une cicatrice sur la face du continent, il semble encore hanter les mentalités européennes. Pire, il semble que les Européens continuent d'en ériger ! Ce mois de novembre 2009 semble donc le moment de revenir sur le rapport qu'entretiennent les Européens avec leurs murs.

Le Mur et l'identité européenne

Pendant plus de quarante ans, le Mur a été un élément central de l'identité européenne. La Communauté européenne s'est développée à l'abri du Mur et contre lui. Le continent coupé en deux, les Ouest-européens aidés par les États-Unis, n'ont eu d'autre choix que de s'unir pour reconstruire, instaurer la paix mais aussi se prémunir contre les Soviétiques. Ainsi, pendant longtemps, le Mur a été l'une des raisons fondamentales d'aller toujours plus loin dans la construction européenne. La division de l'Allemagne en faisait en outre un partenaire plus aisé pour la France.

Si bien que la Chute du Mur, après un moment d'euphorie a laissé place à un moment de doute : l'Allemagne allait-elle restée ancrée au projet européen maintenant qu'elle se réunifiait et qu'elle retrouvait l'Europe centrale ? Que dire aux États libérés qui demandaient une intégration rapide aux structures européennes ? Quelle attitude adopter face à une URSS qui était toujours debout ?

À relire les déclarations d'alors, en rappelant le projet français de "Confédération européenne", on se rend compte que rien n'allait de soi. L'Europe de l'entre-nous était rejointe par "l'autre Europe" de Jacques Rupnik et cette réunification était plus vécue sur le mode du problème que de la joie.

La Chute du Mur a profondément bouleversée l'identité européenne. Le récit communautaire habituel était remis en cause : la culpabilité exclusive des nazis, la réconciliation franco-allemande et la reconstruction de l'Europe. De l'autre côté de l'ancien Mur, on rappelait que les Soviétiques aussi avaient été coupables et alliés des nazis, que la réconciliation franco-allemande allait devoir se muer en réconciliation germano-polonaise et germano-tchèque et que la reconstruction de l'Europe était devant nous.

Les Européens n'étaient plus si sûrs de leur identité une fois le Mur tombé et il est resté dans les esprits. 20 ans après sa chute, 5 ans après l'adhésion de 10 nouveaux pays, ces derniers restent méconnus, voire caricaturés. Pire, on entend des discours sur "le bon vieux temps de l'Europe des 6" qui peuvent être perçus par nos partenaires comme un discours sur le bon vieux temps du Mur.

Les nouveaux murs sillonnent le continent

Chypre ou les Balkans offrent de nombreux exemples de lieux où ces murs subsistent, voire se construisent. Les raisons en sont multiples, mais globalement, on retiendra que la peur de l'autre reste la principale.

Un autre mur, celui-ci communautaire, découpe le continent européen. Schengen ressemble au Rideau de Fer par bien des aspects, mais en plus moderne. Certes, on ne tue pas ceux qui essaient de passer, mais nombreux meurent parmi ceux qui tentent leur chance. De l'autre côté du Mur de Berlin, il y avait l'Europe. De l'autre côté de Schengen, il y a l'Europe ! La Moldavie, l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie ne sont-elles pas européennes ?

Les Russes demandent depuis longtemps de ne pas construire de nouveaux murs au milieu du continent. Ils ne sont pas entendus. Les habitants de Kaliningrad ressemblent aux habitants de Berlin-Ouest, les voilà contrôlés, surveillés, emmurés pour aller de chez eux à ... chez eux.

Certes la fin des contrôles intérieurs nécessite un renforcement des contrôles extérieurs. Pourtant, nous devrions faire attention à ne pas bâtir de nouveaux murs inhumains. Pensant au monde d'avant la Première Guerre mondiale, Stefan Zweig disait "j’étais forcé de me souvenir sans cesse de ce que m’avait dit des années plus tôt un exilé russe : « Autrefois, l’homme n’avait qu’un corps et une âme. Aujourd’hui, il lui faut en plus un passeport, sinon il n’est pas traité comme un homme." Entre Européens, ne l'oublions pas.

Retrouvez l'intégralité du dossier "L'Europe et ses murs" sur Nouvelle Europe :

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Je considère que l’AJE remplit un vide béant. Les rédacteurs chargés de suivre l’actualité européenne forment une catégorie bien particulière de spécialistes qui souffre d’un manque évident de reconnaissance au sein de leur rédaction. Je sais, par expérience, que la couverture européenne est au mieux considérée...(lire la suite)

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