Florence Autret est une vétérane du journalisme européen, qui connait Bruxelles comme sa poche et qui en décode les enjeux économiques. En 2011, sa série de 12
articles « Terminus pour l’Euro » publiée dans Le Monde sous pseudo avait fait grincer bien des dents de politiques et de banquiers. On sait moins qu’elle a acquis une connaissance
pointue de l’Allemagne à l’ambassade de France à Bonn dans les années 90 comme attachée commerciale.
La première partie de son dernier livre suit le parcours d’Angela Kasner, cette fille de pasteur qui se doit d’allier discrétion et excellence dans une Allemagne de l’Est qui la suit avec
méfiance. Son père déconcerte, étant l’un des rares à être passé à l’Est en 1954, une époque où les Allemands filaient plutôt vers l’Ouest. Horst Kasner, ce père qui, malgré son activité
religieuse, parvient à garder de bonnes relations avec le pouvoir communiste. Cette période ressurgit d’ailleurs ces derniers jours dans les médias allemands, qui s’interrogent sur le degré de collaboration entre Angela et le
système politique de la RDA.
Connaître le parcours d’Angela Merkel est utile au lecteur français qui veut mieux connaître sa logique politique. Car la formation scientifique de la chancelière tranche avec les profils
traditionnels des politiques européens. Sa prise de pouvoir au sein de la CDU, la rupture avec Helmut Kohl, montrent combien ses adversaires et parfois ses alliés l’ont sous-estimée et comment
elle se montre une tacticienne redoutable.
On sent Florence Autret plus à l’aise dans l’écriture de la seconde partie de son ouvrage, consacrée à la crise financière de la zone euro. Ayant personnellement suivie cette période pour l’Agefi et La Tribune, les anecdotes et le regard se font plus acérés. Les relations avec Nicolas Sarkozy, la lente reconstruction du lien franco-allemand après le choc du "Non" au référendum de 2005, sont décrits avec nuance. La révélation des mensonges grecs sur la situation économique de leur pays, conduisant l’Europe dans la crise la plus grave depuis son élaboration, prend Angela Merkel par surprise. Elle, si prudente et planificatrice, se retrouve complice de fait de l’inaction européenne, avec un Bundestag et une cour constitutionnelle qui veillent attentivement sur la légalité des ses moindres actes.
Ce livre prend le recul nécessaire, sur celle qui est aussi régulièrement désignée comme « femme la plus puissante du monde », et qui se voit aujourd’hui caricaturée sous les traits d’un Hitler
féminin, d’une mère-la-rigueur d’une Europe qui préfère de loin vivre au-dessus de ses moyens.
Angela Merkel, une Allemande (presque) comme les autres
Ed. Taillandier, 20.90€
Fabrice Pozzoli-Montenay
Lundi
25 octobre 2010, cela fera 300 jours que Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été enlevés en Afghanistan, avec leurs trois accompagnateurs, alors qu’ils réalisaient un reportage pour le
magazine Pièces à conviction sur France 3. France Télévisions, avec le Comité de soutien et Reporters sans frontières, organisent un concert exceptionnel de solidarité gratuit au Zénith de Paris,
retransmis en direct sur France 3 à partir de 20h35. Le concert événement est relayé par RFI et TV5 Monde Radio France Internationale retransmet la soirée en FM à Kaboul (89.5 FM).

Le 8 avril, cela fera 100 jours que nos confrères de France 3 Hervé et Stéphane et leurs trois accompagnateurs Reza, Ghulam et Satar ont été enlevés en Afghanistan. Ils se sont rendus dans
ce pays en guerre missionnés par France télévision pour « faire leur travail de journalistes». Aguerris depuis 20 ans au grand reportage, Hervé et Stéphane terminaient une enquête de plus de
trois semaines auprès de l'armée française engagée sur place et de la population afghane. 100 jours, c'est long. Trop long.
