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Mercredi 13 juin 2012 3 13 /06 /Juin /2012 10:00

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Il n’y a pas une droite en Europe mais des droites "unies dans la diversité" pour reprendre une expression tirée de la devise de l'Union européenne. Le livre "Les Droites en Europe", publiée sous la direction de Dominique Reynié pour la Fondation pour l'Innovation politique, dresse un état des lieux des partis se réclamant de la droite et identifie leur préoccupation commune, ou plutôt leur besoin commun de retrouver un crédo de valeurs qui puissent leur permettre de faire face à la montée des populismes sur le continent.

 

Article reproduit avec l'aimable autorisation du Cercle des Européens

L'article original est consultable à cette adresse : http://www.ceuropeens.org/livre/dominique-reynie-ouvrage-collectif/les-droites-en-europe

 

 

S’il est vrai que les partis dits conservateurs, anti- comme pro-européens, ont été les gagnants des dernières élections européennes en 2009, le fait marquant est l'apparition dans le paysage politique de forces qui bousculent l'ordre établi entre une gauche et une droite jusque-là archi-dominants. Dans ce livre de plus de 500 pages d’analyses argumentées, Dominique Reynié se penche quant à lui sur le nouvel enjeu des partis politiques traditionnels : "l'enjeu patrimonial".

La droite en Europe face à l'enjeu patrimonial et aux populistes

Pour le directeur de la Fondapol, "en Europe, la droite n'est plus menacée par la gauche", affirmation apparemment étonnante, mais qui est étayée par de nombreuses analyses effectuées sur les différents pays. Dominique Reynié estime que lorsque les droites traditionnelles perdent les élections face à la gauche, cela ne se fait pas sur le terrain des idées car selon lui la social-démocratie n'a plus de réel modèle idéologique à proposer aux électeurs. Comme c’est le cas des partis de droite – dits aussi du centre droit - la social-démocratie est confrontée à une droite populiste qui siphonne sa base électorale dans les couches populaires.

Au vu de l'expérience autrichienne, il lui semble non pertinent de faire rentrer la droite populiste au gouvernement dans l'espoir de la discréditer. Ainsi les partis d’extrême-droite, le FPÖ et le BZÖ, font-ils mieux aujourd'hui que le parti conservateur ÖVP, qui s’est trouvé obligé pour gouverner de former une grande coalition avec les sociaux-démocrates.

Dominique Reynié explique "l'enjeu patrimonial" par le fait que la droite en Europe "doit montrer comment elle est capable d'offrir aux Européens la perpétuation de leur mode de vie, auquel ils sont attachés et qui comprend un faisceau de libertés individuelles et collectives essentielles à la définition politique et culturelle de l'Europe". La droite est donc incitée à sortir de ses habitudes électorales et à ne pas hésiter à s’attacher à conquérir l’électorat populaire capté par les populistes tout en rassurant les classes moyennes. Enfin, la droite doit impérativement renouer avec les "nouvelles générations" qui, globalement en Europe, souligne Dominique Reynié. Ces trois composantes représenteraient un socle électoral de 20 à 25%, un segment "social-libéral".

Une somme de données et d’informations passionnantes

Ne se limitant pas à l’analyse des scrutins, l’ouvrage dirigé par Dominique Reynié resitue le positionnement de la droite en Europe dans une perspective historique et dans le cadre de la réalité politique de chaque pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovaquie, la Suède et le Danemark. A cela s'ajoute une analyse plus générale de l'évolution de la droite en Europe.

Grâce à des informations collectées dans tous ces pays sur les commentaires et études réalisées après les élections, le lecteur se voit donner les clés de certaines évolutions politiques. Ainsi il apprend il comprend mieux ce qui a conduit Angela Merkel à l’emporter en 2009 en faisant campagne sur son nom plutôt que sur les valeurs de son parti outre-Rhin. On découvre qu’en Bulgarie, l'anti-communisme ne constitue plus le ciment idéologique des partis de droite. En Italie, on constate que la bipolarisation qui s’était progressivement installée est aujourd'hui remise en cause du fait d’une crise générale du système politique italien entraînant des bouleversements dans la droite ex-Berlusconienne. L’ouvrage est rempli de renseignements et d’analyses sur la droite en Europe que l’on n’a jamais trouvé ainsi réunis et qui intéresseront au premier chef les passionnés de la chose publique et des évolutions politiques.

Les élections comme révélateur de changements sociaux et politiques en profondeur

L’ouvrage est particulièrement enrichissant en ce qu’il éclaire sur les vrais raisons de la transformation de la scène politique européenne. Il donne une grille de lecture des résultats électoraux qui est particulièrement précieuse, alors que les reportages dans les médias sur les élections sont trop immédiatement et fugaces pour donner les clés de compréhension nécessaires.

Il est certain qu’un ouvrage comme celui-ci qui est une mine d’informations demandera à être actualisé au fur et à mesure des échéances électorales. D’autant que l’intérêt d’un livre de ce type est de rassembler des données éparses et en les rapprochant de nous permettre de mieux comprendre et juger où en est l’Europe, les dangers pour la démocratie que fait courir la crise si une sortie rapide n’est pas trouvée. Un ouvrage donc indispensable à tous ceux qui veulent comprendre la vie politique européenne et pour certains mêmes peser sur elle. 

En savoir plus:

  • présentation de l'ouvrage sur le site de France Culture: cliquez ici
  • acheter le livre "Les Droites en Europe": cliquez ici
  • acheter le livre "Populisme: la pente fatale": cliquez ici
  • voir le site de la Fondapol
  • Dominique Reynié sur Twitter: cliquez ici

 


Dominique Reynié est professeur des Universités en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'opinion publique, la vie politique française et européenne. Ses travaux portent sur les transformations du pouvoir politique, l'opinion publique et ses manifestations, les mouvements électoraux, en France et en Europe.

 

Parmi ses livres les plus connus:

- Le Vertige social-nationaliste. La gauche du non/ La Table ronde, 2005

- La jeunesse du monde - Une enquête planétaire 2011 de la Fondation pour l'innovation politique / Ligne de repère, 2011

- Populisme : la pente fatale / Plon, 2011. Prix du livre politique 2012 et Prix des députés 2012

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