Le président du parlement européen Martin Schulz était en visite officielle en France du 12 au 14 juillet. Pour la première fois, un président du Parlement européen était convié par François Hollande au défilé militaire du 14 juillet, un geste qui marque la reconnaissance de l'importance de cette institution.
A cette occasion, un groupe de journalistes a pu le rencontrer longuement lors d'un déjeuner, organisé par l'association des journalistes européens et la représentation du Parlement Européen en France.
Martin Schulz, qui fut à la tête du groupe socialiste au Parlement européen, a rappelé ses amitiés avec les socialistes français, de François Hollande alors que celui-ci était premier secrétaire du Parti Socialiste, à Jean-Marc Ayrault ("un vrai connaisseur de l'Allemagne") et Marylise Lebranchu, "une amie de 30 ans".
Parfaitement francophone, il a rappelé les grandes actions du Parlement Européen ces derniers mois, comme le rejet du traité Acta, et le débat sur la taxe sur les transcations financières, et regretté le peu d'importance accordé par les médias aux activités du PE. Rappelant la nécessité d'oeuvrer à résoudre la crise actuelle, iIl n'a pas hésité à fustiger certains chefs de gouvernement qui "lors d'un Conseil, signent les décisions, pour ensuite affirmer à leur opinion publique qu'ils ont cédé à un diktat de Bruxelles", ou même "se contredisent le lendemain". "C'est "désastreux pour la confiance" et l'image de l'Union Européenne, a-t-il martelé.
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Interrogé sur le regard qu'il porte sur la gestion de la crise par Angela Merkel, il a rappelé être en faveur de la création d'un "fonds de rédemption européen, où serait prise en charge la dette
au-dessus de 60% du produit intérieur brut d’un État", tout en admettant la nécessité d'une politique d'austérité "mais accompagnée de mesures de relance", se plaçant ainsi dans la même ligne que
le nouveau gouvernement français.
Il a évoqué le potentiel de croissance à exploiter autour des énergies renouvellables et des réseaux intelligents de distribution électriques ("smartgrids"), se lançant à cette occasion dans une
attaque directe contre la politique chinoise : "nous sommes face à une dictature qui traite ses travailleurs comme des esclaves. Nous perdons progressivement nos droits dans la compétition
mondiale, et certains en font des éléments de négociation, ce qui n'est pas acceptable" a-t-il lancé. "L'Union Européenne doit défendre ses valeurs, qui protègent les citoyens, en les
introduisant dans les traités avec la Chine". Et d'évoquer les quatres dossiers fondamentaux des années à venir, sur lesquelles l'UE doit se battre : les échanges économiques internationaux, le
changement climatique, la spéculation financière, et l'immigration.
Sur le "couple" franco-allemand, Martin Schulz a estimé que, bien qu'ayant des parcours historiques différents, avec une approche du fédéralisme très différente, les deux pays finiraient par s'entendre sur la mise en place d'une fédération européenne.
Au cours de cette visite, Martin Shultz a aussi rencontré Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Bernard Cazeneuve, ministre des affaires européennes, Claude Bartolone, président de l'Assemblé nationale, et bien sûr le Président de la République François Hollande, et une délégation du mouvement Génération Précaire pour évoquer le projet de Charte européenne des stages, dans une période où le chômage des jeunes est en hausse générale.
* Voir aussi le compte-rendu complet sur le blog de Jean-Christophe Ploquin,
rédacteur en chef adjoint à La Croix et l'interview à 20 Minutes.
* L'interview vidéo de Martin Shulz par Eric Maurice, rédacteur en chef de Presseurop.eu :
- 1ere partie : “Le Parlement européen est le lieu de la démocratie en Europe”
- 2eme partie : “Les dirigeants européens ont deux ans de retard”
Pourquoi et comment adhérer à l'AJE, par Jean Quatremer